CANCER DU COL DE L'UTÉRUS : bientôt éradiqué ?

A l'heure où l'Institut national du Cancer publie un bilan de la première phase du Plan Cancer lancé en 2003 par le gouvernement français, les résultats de trois vaccins contre le cancer du col de l'utérus suscitent de réels espoirs. Pour autant, l'avancée majeure de santé publique promise est à relativiser.
Vaccin thérapeutique : premiers résultats «positifs»
L'élaboration d'un prototype de vaccin thérapeutique destiné à traiter des lésions précancéreuses du col de l'utérus constitue une première dans les recherches liées à ce type de cancer. Le laboratoire français Transgene vient d'annoncer les premiers « résultats positifs » d'un essai de vaccin capable d'éliminer les cellules infectées par le papillomavirus humain de type 16 (HPV16), responsable d'environ 50% des cancers du col de l'utérus.

Cet essai dit de phase II montre que l'injection du vaccin à 18 patientes, âgées de 25 à 44 ans et porteuses de lésions précancéreuses, a permis à 10 d'entre elles de retrouver, six mois plus tard, un col de l'utérus d'apparence normale. Les lésions précancéreuses ont même totalement disparu pour 9 des patientes. En cas de succès confirmé, ce vaccin constituerait la première alternative à une opération chirurgicale, seule méthode connue aujourd'hui pour éliminer les lésions précancéreuses du col de l'utérus.

Vaccins préventifs : des tests prometteurs…

Du côté de la prévention d'une infection par les papillomavirus, deux vaccins ont déjà passé avec succès les tests préalables : le Gardasil, du laboratoire américain MSD (Merck Sharp and Dohme) et le Cervarix, du laboratoire britannique GSK (GlaxoSmithKline).

Le 6 octobre 2005, la firme MSD rendait public le résultat de la première étude d'envergure sur un vaccin préventif contre le cancer du col de l'utérus. L'annonce de « 100% d'efficacité » avait fait l'effet d'un coup de tonnerre : après le vaccin contre le virus de l'hépatite B responsable de cancers du foie, mis au point il y a tout juste vingt ans, ce sérum deviendrait ainsi le second vaccin à prévenir l'apparition d'un cancer.

Les tests dits de phase III - dernier stade obligatoire avant toute demande d'autorisation de mise sur le marché - montraient qu'après trois injections en six mois et deux ans d'observation, 100% des 6092 femmes vaccinées et qui n'avaient jamais été infectées par ces virus avant et pendant la vaccination, étaient restées indemnes de toute lésion précancéreuse. Alors que 21 femmes sur les 6075 du groupe placebo s'étaient retrouvées porteuses de lésions précancéreuses*.

Quant au vaccin élaboré par la firme GSK, il a également montré une protection efficace à 98% contre les lésions précancéreuses du col de l'utérus sur une période d'un peu plus de quatre ans. L'étude a eu lieu aux Etats-Unis, au Canada et au Brésil sur 1 113 femmes de 15 à 25 ans, réparties aléatoirement pour recevoir trois injections du vaccin ou trois injections d'un placebo. Des essais cliniques doivent maintenant être menés sur environ 30 000 femmes.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

infolinks