TUMEURS MALIGNES DES OS

Les techniques d'imagerie des os se sont beaucoup modifiées depuis une dizaine d'années. Au cliché radiologique standard qui reste la base indispensable, à la scintigraphie osseuse et à l'artériographie, se sont ajoutées l'échographie et surtout la tomodensitométrie (scanner), ainsi que l'imagerie par résonance magnétique (IRM). Dans le même temps la survie des tumeurs osseuses malignes primitives des os s'est beaucoup améliorée avec la chimiothérapie. La chirurgie conservatrice donne des résultats de plus en plus satisfaisants. L'imagerie joue un rôle déterminant à chaque étape : diagnostic, bilan d'extension local et à distance, surveillance de l'efficacité du traitement et détection des récidives. Nous envisagerons d'abord le rôle de l'imagerie pour le diagnostic, le bilan d'extension et l'efficacité du traitement dans les tumeurs des os, puis l'aspect radiologique dans les tumeurs les plus fréquentes.

1. LE DIAGNOSTIC

L'approche diagnostique est statistique, réunissant de nombreux éléments pour aboutir à une probabilité (1 ).L'âge est fondamental. Avant 5 ans une tumeur maligne est presquetoujours une métastase de neuroblastome, entre 5 et 15 ans un ostéosarcome ou un sarcome d'Ewing, après 40 ans une métastase ou un myélome.

Les signes cliniques sont peu variés : le plus souvent douleur et tuméfaction. La fièvre oriente vers une infection, mais peut se voir dans un sarcome d'Ewing, ou rarement une tumeur bénigne. Le bilan biologique est habituellement normal. Le nombre de lésions sera apprécié éventuellement par la scintigraphie osseuse. Les métastases, plus rarement les ostéosarcomes multifocaux et les sarcomes d'Ewing métastatiques d'emblée entraînent de multiples hyperfixations.

La localisation de la lésion est utilisée de plusieurs façons. D'une part certaines tumeurs affectent de façon élective certains os : ainsi l'adamantinome siège-t-il presque uniquement sur le tibia ou le cubitus. D'autre part des tumeurs ont des localisations préférentielles. Ainsi, chez l'enfant une tumeur épiphysaire est-elle le plus souvent un chondroblastome. La même tumeur peut enfin avoir un pronostic et un traitement différent en fonction de sa localisation. Ainsi les tumeurs cartilagineuses des mains sont-elles presque toujours bénignes, alors que leur évolution est souvent défavorable quand elles sont pelviennes.

Radiologiquement on étudie l'axe de la tumeur dans l'os, au besoin sur des clichés centrés avec incidences multiples, sa taille (la majorité des tumeurs malignes a plus de 6 cm de diamètre au moment de sa découverte), la matrice. Les limites de la lésion, plus ou moins nettes et entourées d'une ostéocondensation, donnent une idée de son agressivité, de même que la destruction de la corticale : soufflée, limitée par une apposition périostée fine, elle traduit une évolution lente. Le périoste qui est agressé quand la tumeur dépasse la corticale, réagit en fabriquant des appositions. Elles sont typiquement longitudinales et épaisses dans les tumeurs bénignes, pluri-lamellaires ou perpendiculaires à l'axe de l'os dans les lésions agressives. L'extension dans les parties molles est également un bon élément d'agressivité.

Une grande partie de ces éléments est disponible sur de simples clichés standards bien centrés, complétés si besoin par des incidences multiples.

La première étape indispensable est de faire le diagnostic des lésions certainement bénignes sur les signes cliniques et radiologiques, et pour lesquelles on pourra se passer de biopsie : lacune fibreuse corticale, fibrome non ossifiant, desmoïde périosté, dysplasie fibreuse, ostéochondrome, chondrome, kyste osseux simple, angiomes vertébraux. Ces lésions sont traitées dans un autre chapitre.

Dans d'autres cas l'ensemble des arguments est en faveur d'une lésion maligne. Il faut alors réaliser le bilan d'extension, et surtout l'IRM, avant la biopsie.

Enfin certains diagnostics sont difficiles. Les problèmes peuvent être liés à la localisation de l'os, mal étudié sur les clichés standards (os plats et courts, notamment le bassin, le sacrum, le sternum, les vertèbres). Parfois l'étude de la matrice tumorale peut apporter des éléments indispensables au diagnostic. Il peut s'agir d'eau à l'intérieur d'un kyste, de petites calcifications permettant d'affirmer une tumeur cartilagineuse, d'une matrice ostéoïde. Dans tous ces cas, l'étape utile est le scanner. L'étude axiale et le contraste élevé donnent une sémiologie originale : ainsi peut-on voir une petite lyse de la corticale, une discrète atteinte des parties molles, une fine apposition périostée périphérique. De même peut-on distinguer les lésions à évolution lente qui repoussent et soufflent la corticale en périphérie, et les lésions plus agressives qui traversent la corticale. Le scanner peut montrer la tumeur de part et d'autre de la corticale non encore détruite (2 ). C'est par exemple le cas des sarcomes d'Ewing ou des ostéosarcomes.Le scanner permet aussi de mesurer l'épaisseur de la coiffe noncalcifiée d'une tumeur cartilagineuse (3 ). Elle est fine dans lestumeurs bénignes, épaisse (plus de 3 cm) dans leschondrosarcomes. L'étude densitométrique du scanner permet une approche originale du diagnostic (4 ): des valeurs d'atténuationliquidiennes (0 à 20 unités Hounsfield) sont un argument degrande valeur pour diagnostiquer un kyste osseux essentiel ou anévrysmal. Les structures solides (30 à 60 unités Hounsfield) permettent d'identifier une lésion cellulaire non calcifiée. Une différenciation myxoïde conduit à des valeurs d'atténuation plus basses, pouvant poser des problèmes diagnostiques. Des valeurs d'atténuation supérieures à 90 unités Hounsfield témoignent d'une calcification, même en l'absence de structures calcifiées visibles. Les structures graisseuses sont de même facilement reconnues. Le scanner est donc la deuxième étape si les clichés standards ne suffisent pas.

2. LE BILAN D'EXTENSION


2.1. Bilan local

Il repose avant tout sur l'IRM (5 ). Les deux principaux avantages sont uncontraste très élevé, et la possibilité de choisirl'axe de coupe sans déplacer le patient. Ceci est particulièrement utile pour les os longs. C'est par contre une technique peu utile pour le diagnostic, car les mesures de temps de relaxation sont peu fiables et peu reproductibles. Presque toutes les volumineuses tumeurs sont hétérogènes, et différentes d'un point à l'autre. L'IRM est par contre la méthode la plus précise pour le bilan d'extension loco-régional.

L'extension intra-médullaire : L'extension diaphysaire d'une tumeur osseuse métaphysaire est aisément précisée sur les coupes pondérées en T1. C'est cette information qui va fixer le niveau de la résection de l'os dans les tumeurs malignes, et la taille de la prothèse.

L'extension vers la métaphyse et le cartilage de croissance d'une tumeur diaphysaire est également remarquablement étudiée. C'est l'avantage principal sur le scanner.

L'extension d'une tumeur périostée est remarquablement vue. L'extension vers la moelle osseuse de certaines tumeurs périostées semble un facteur important, lié à la survenue de métastases.

Les skip-lésions (petites métastases séparées de la tumeur principale par du tissu sain), sont également aisément détectées.

L'extension vers la peau, le tissu sous-cutané, les parties molles est également bien étudiée.

L'excellente visualisation des vaisseaux sans avoir besoin d'utiliser un produit de contraste permet une bonne étude de leurs rapports avec la tumeur.

L'extension intra-articulaire est une des grandes limites de toutes les méthodes d'imagerie : les lésions qui restent loin à distance de l'articulation, ou qui l'envahissent sont diagnostiquées aisément. Par contre quand la tumeur affleure l'articulation, il n'est pas possible de dire si une résection en bloc de la lésion sera chirurgicalement possible. D'autres limites sont la mauvaise détection de très petites lésions, la possible surévaluation du volume tumoral sur des séquences à pondération T2, en raison de l'oedème péritumoral (6 ).

2.2. Bilan d'extension à distance

La détection d'autres lésions osseuses, particulièrement de métastases, repose sur la scintigraphie ; la détection de métastases pulmonaires sur le cliché standard et le scanner thoracique (7 ).

3. EFFICACITE DU TRAITEMENT ET SURVEILLANCE à DISTANCE

La majorité des tumeurs malignes primitives de l'os reçoit une chimiothérapie avant exérèse. On peut ainsi obtenir une étude histologique de la tumeur, et apprécier l'efficacité du traitement. Celui-ci est poursuivi s'il est efficace, en espérant qu'il le sera également sur les métastases. Dans le cas contraire il est changé. L'imagerie essaie d'apporter la même information. Sur les clichés standards et le scanner, la diminution de la taille de la tumeur, sa meilleure limitation et son ossification sont de bons indicateurs d'un traitement efficace (8 ). L'IRM donne une idée plus précisedu volume tumoral. Surtout, on cherche des critèresd'appréciation directe de l'efficacité du traitement. On a ainsi proposé la diminution de signal sur les séquences pondérées en T2, traduisant plus de tissu fibreux dans la lésion, et les modifications de la lésion après injection de produit de contraste : le tissu nécrotique est directement visible, ne modifiant pas son signal après injection. Les méthodes d'imagerie fonctionnelle, utilisant la cinétique du produit de contraste, sont très séduisantes : la partie viable de la tumeur prend le contraste rapidement (dans les deux premières minutes), les réactions fibreuses induites par le traitement de façon retardée (9 ). Après pose d'une prothèse métalliquenon paramagnétique (titane ou vitalium), l'IRM permet d'analyser lesparties molles péri-prothétiques non artéfactées, alors que le scanner peut être gêné.

4. LES DIVERSES TUMEURS

4.1. Tumeurs primitives

4.1.1. Ostéosarcome

C'est la plus fréquente des tumeurs malignes primitives de l'os après le myélome. Sa survie a été nettement améliorée avec la chimiothérapie agressive, et on peut espérer guérir plus de 70 % des patients. La chirurgie conservatrice peut aussi être pratiquée dans plus de deux tiers des cas, permettant de garder une fonction presque normale. L'ostéosarcome est une tumeur maligne primitive qui fabrique de l'os. On en sépare plusieurs types :

4.1.1.1. Ostéosarcome conventionnel

Il atteint surtout les patients dans la seconde décennie, et survient plus chez l'homme que chez la femme. Les os longs sont atteints dans 90 % des cas, le genou dans deux tiers, la métaphyse étant la plus souvent affectée. Radiologiquement c'est une tumeur très agressive, avec appositions périostées, destruction de la corticale, et envahissement des parties molles. La tumeur peut être purement lytique, condensante, ou le plus souvent mixte. Grâce à l'IRM, le chirurgien peut décider où couper l'os, quelle doit être la longueur de la prothèse, et si l'articulation peut être ouverte ou non. Le bilan initial doit inclure une scintigraphie pour exclure des métastases osseuses, et un scanner thoracique pour rechercher des métastases pulmonaires. 20 % des patients ont des métastases pulmonaires initiales. La chimiothérapie est pratiquée avant la chirurgie, et son efficacité évaluée sur les clichés standards, le scanner, et plus encore l'IRM. Après la chirurgie, les patients sont suivis par des clichés de thorax et un scanner pulmonaire. Le bilan local peut utiliser les clichés standards et l'IRM si les prothèses sont non paramagnétiques.

4.1.1.2. Ostéosarcomes particuliers

Le sarcome télangiectasique (10 ) est une tumeur trèsagressive, purement lytique, avec parfois une image particulièreradiologiquement, faite de multiples striations parallèles les unes aux autres. Sa survie qui était très médiocre, est maintenant la même que dans les ostéosarcomes conventionnels.

L'ostéosarcome multicentrique est rare et atteint surtout les enfants de 6 à 9 ans. Des lésions multiples, habituellement condensantes et atteignant l'épiphyse, et toutes de taille équivalente, sont diagnostiquées simultanément. La survie est très médiocre.

L'ostéosarcome de bas grade (11 ) est une tumeur poussanttrès lentement, moins agressive. Le diagnostic est souvent difficileradiologiquement et histologiquement. Une résection large semble être le traitement adéquat.

Les ostéosarcomes secondaires peuvent survenir sur maladie de Paget, dysplasie fibreuse, et après radiothérapie. Radiologiquement ce sont surtout des lésions lytiques, avec destruction du cortex et envahissement des parties molles. La survie est habituellement médiocre.

Les ostéosarcomes de surface incluent plusieurs sous-groupes :

L'ostéosarcome conventionnel peut atteindre uniquement la corticale osseuse. Dans ce cas la survie est la même que pour les tumeurs habituelles.

L'ostéosarcome périosté se développe dans une cupule creusée sur la face externe de la corticale osseuse (12 ).

L'ostéosarcome juxta-cortical atteint surtout l'adulte (13 ). Salocalisation la plus fréquente est la face postérieure de lamétaphyse distale du fémur. L'aspect radiologique est très évocateur : une volumineuse masse calcifiée est attachée par un pédicule au cortex osseux. Le non envahissement de la cavité médullaire semble un bon signe de maladie purement locale sans métastase à distance.

4.1.2. Sarcome d'Ewing

Le sarcome d'Ewing est la tumeur maligne primitive des os la plus fréquente chez l'enfant. Plus de la moitié des cas est guérie. Le traitement associe chimiothérapie, et un traitement local chirurgical, radiothérapique, ou une association des deux. Radiologiquement c'est une tumeur très agressive, mal limitée, avec destruction du cortex, appositions périostées, et atteinte des parties molles (14 ). Quoique la tumeur ne produise pas d'os, elle estcondensante au scanner dans environ la moitié des cas, ceci étantdû à des dépots secondaires de calcium sur les travées osseuses restantes. L'atteinte des parties molles est massive et peut masquer une petite lésion osseuse, particulièrement dans le petit bassin et le thorax. La moitié des sarcomes d'Ewing atteint les os longs, et la moitié est centrale, ce qui pose des problèmes chirurgicaux très difficiles.

4.1.3. Chondrosarcome

Cette tumeur cartilagineuse maligne atteint surtout l'adulte, pousse lentement, et son traitement est seulement chirurgical. Divers types de chondrosarcomes ont été individualisés :

- Le chondrosarcome conventionnel est une tumeur médullaire, qui contient des calcifications caractéristiques, annulaires ou en pop-corn. Celles-ci correspondent à la calcification des tractus fibreux disposés à la périphérie des lobules des cartilages. La face interne du cortex osseux est érodée par la tumeur. Le cortex peut ensuite être détruit, et les parties molles envahies.

- Les chondrosarcomes secondaires se développent sur une exostose. L'épaisseur de la coiffe cartilagineuse est un bon signe d'agressivité (une coiffe de plus de 3 cm non calcifiée suggère la malignité). Elle peut être évaluée en scanner, IRM, ou même échographie.

- Les autres sous-groupes sont exceptionnels ; chondrosarcome à cellules claires qui atteint l'épiphyse, chondrosarcome mésenchymateux très agressif, chondrosarcome dédifférencié : un chondrosarcome de bas grade se dédifférencie en une tumeur beaucoup plus agressive (ostéosarcome ou fibrohistiocytome malin habituellement). Radiologiquement une tumeur agressive se développe sur une lésion cartilagineuse bien limitée.

4.1.4. Fibrohistiocytome malin et fibrosarcome

Ces tumeurs atteignent le plus souvent les os longs chez l'adulte. Ce sont des lésions lytiques, radiologiquement d'agressivité modérée. Le traitement associe chimiothérapie pré-opératoire, chirurgie et chimiothérapie post-opératoire. L'imagerie sert à diagnostiquer la lésion, et au bilan local et général d'évaluation.

4.1.5. Chordome

C'est une tumeur maligne développée à partir des restes de la notochorde. Elle est diagnostiquée chez l'adulte, habituellement au-delà de 40 ans. Les sites les plus fréquents sont le sphéno-occipital, et le sacrum. La chirurgie est le seul traitement curateur. L'imagerie doit donc permettre un bilan d'extension très précis. Radiologiquement c'est une tumeur lytique, avec une importante masse des parties molles, et des zones calcifiées correspondant à l'os incomplètement détruit. L'IRM est la meilleure technique pour le bilan pré-chirurgical et la détection des récidives.

4.1.6. Adamantinome

C'est une rare tumeur maligne de l'adulte, qui atteint presque uniquement le tibia. Elle est localement agressive, avec risque de récidive. Les métastases par contre sont rares et tardives. L'aspect radiologique est évocateur, avec des zones bien limitées d'ostéolyse atteignant la diaphyse. L'imagerie aide au bilan pré-opératoire.

4.2. Métastases osseuses

Les métastases osseuses sont fréquentes. Elles grèvent la durée et la qualité de survie des malades cancéreux. Leur détection systématique est utile quand elle peut changer le traitement. La scintigraphie osseuse est l'examen clef pour la détection, les clichés standards pour le diagnostic. L'IRM plus sensible que la scintigraphie est de plus en plus utilisée.

4.2.1. Généralités

4.2.1.1. Fréquence

Les résultats d'autopsies révèlent des métastases dans 50 à 80 % des cancers du sein, 30 à 50 % des cancers du rein et du poumon, 30 à 40 % des mélanomes, 50 à 70 % des cancers prostatiques, et 40 % environ des cancers de la thyroïde (15 ).

4.2.1.2. Localisation

Les métastases atteignent surtout le squelette axial, avec par ordre de fréquence décroissante, le rachis, surtout lombaire, le pelvis, les côtes, le sternum, le crâne et la partie proximale des os longs.

4.2.2. Aspect des lésions

Les métastases peuvent être lytiques, comme dans les cancers du rein, du poumon, de la thyroïde, du sein, et du tube digestif. Elles nécessitent une atteinte de la corticale des os longs pour être visibles. Dans les os courts il faut une destruction très importante de l'os avant de permettre leur détection. Elles peuvent être aussi condensantes ou mixtes, surtout dans les cancers du sein. La destruction de la corticale est fréquente, et permet d'estimer le risque de fracture. L'extension dans les parties molles est habituellement minime (16 ).

Les tomographies osseuses ont été beaucoup utilisées. Le scanner les a complètement remplacées.

Le scanner détecte les modifications de densité minimes, les lyses vertébrales alors que la périphérie de l'os est normale, les augmentations de densité intra-médullaires. Sa sensibilité est néanmoins inférieure à celle de l'IRM qui l'a remplacé pour la détection. Il est par contre souvent utile pour guider une biopsie.

La scintigraphie osseuse utilisant le pyrophosphate ou les dyphosphonates marqués par le technicium 99m est très sensible pour détecter les remaniements osseux quelle que soit leur étiologie. Elle explore le corps entier. L'aspect caractéristique est celui d'hyperfixations osseuses extra-articulaires.

L'IRM est la technique la plus sensible (17 ) car elle peut détecter uneanomalie intra-médullaire avant que les remaniements osseux soientsuffisants pour rendre la scintigraphie positive. Sa principale limite est l'étude d'une partie limitée du squelette.

4.2.3. Formes particulières

4.2.3.1. Métastases distales

Elles sont rares et devront faire rechercher en priorité un cancer bronchique ou digestif.

4.2.3.2. Métastases corticales

Elles entraînent une lyse le plus souvent bien limitée centrée sur la corticale osseuse. Le cancer bronchique en est l'étiologie la plus fréquente.

4.2.3.3. Métastases soufflantes

Elles traduisent le plus souvent des lésions très vascularisées. Les cancers primitifs les plus fréquents sont rénaux et thyroïdiens.

4.2.3.4. Métastases avec volumineuse tumeur des parties molles, souvent calcifiée, et importantes appositions périostées :

Elles simulent une tumeur osseuse primitive. Les cancers les plus fréquents sont prostatiques, plus rarement vésicaux ou digestifs.

4.2.3.5. Métastases révélatrices

Les métastases peuvent être synchrones, révélées en même temps que la tumeur primitive, le plus souvent tardives, et rarement révélatrices. Chez l'enfant il faut rechercher un neuroblastome, chez l'adulte un cancer du rein ou de la thyroïde, chez l'adulté âgé un cancer de la prostate, du sein, un mélanome. La recherche d'un cancer thyroîdien est utile car il peut bénéficier d'un traitement par l'iode radioactif. Classiquement on recherche aussi les cancers qui peuvent se révéler par une complication aiguë parfois fatale, tels les cancers coliques.

4.2.4. Choix de la technique d'examen (18 )

En cas de douleur localisée il faut faire des clichés standards sur la zone douloureuse. La scintigraphie est l'examen clef, elle permet une étude aisée de la totalité du squelette, et est très sensible. Le cliché standard sera ensuite souvent utilisé pour confirmer les anomalies scintigraphiques ou apprécier le risque de fracture. L'IRM est réalisée si la scintigraphie est positive et les clichés standards normaux. Elle pourra révéler d'autres foyers non vus en scintigraphie. Sa négativité locale permet d'affirmer l'absence de métastase. S'il persiste un doute, la logique est de faire une biopsie à l'aiguille, technique sûre, simple, rapide et très fiable.

5. CONCLUSION

L'imagerie dispose d'une palette d'examens très variés. Le cliché standard reste l'examen de base. Son association aux données cliniques permet d'emblée d'identifier les lésions bénignes qui ne nécessitent pas de traitement. En cas de problème difficile, en raison de la topographie, ou parce qu'il faut préciser la matrice osseuse, le scanner doit être pratiqué. Si la lésion est vraisemblablement maligne, le problème principal devient le bilan d'extension avant la biopsie, et c'est l'IRM qui doit être choisie.

Un meilleur traitement contre une forme rare de cancer des os

La plus grande étude au monde sur une forme rare de cancer des os progresse à grands pas, a-t-on appris lors d'une conférence internationale sur le cancer.

EURAMOS (groupe d'étude européen et américain sur l'ostéosarcome) est un essai clinique qui réunit des groupes de 11 pays d'Europe, des États-Unis et du Canada dans le but d'améliorer le traitement des patients atteints d'ostéosarcome, une forme rare de cancer affectant les os. Plus de 300 personnes participent à ce jour à l'étude, et le projet s'apprête à recruter 1 400 malades au cours des prochaines années. Cet essai est financé par le programme EUROCORES (European Collaborative Research) sur les essais cliniques paneuropéens de la Fondation européenne de la science.

Avec 2 à 3 millions de cas par an, l'ostéosarcome est un cancer relativement rare, qui affecte principalement les adolescents et les jeunes adultes. Les causes de la maladie ne sont pas encore entièrement élucidées, mais l'on suppose qu'elle résulte de perturbations de la croissance normale des os.

Ce cancer se soigne : le traitement consiste à réduire la taille de la tumeur par chimiothérapie avant de l'éliminer par voie chirurgicale. Après l'opération, le patient doit en outre subir une nouvelle chimiothérapie. Toutefois, le traitement n'est pas toujours fructueux. En particulier, les sujets qui ne réagissent pas bien au premier cycle de chimiothérapie ont en général moins de chance de survivre à la maladie.

L'essai EURAMOS a pour objectif d'améliorer les traitements pour tous les patients et, en particulier, de chercher à augmenter les taux de survie des malades qui réagissent mal à la chimiothérapie.

Lors de la conférence paneuropéenne sur les essais relatifs au sarcome, Stefan Bielack, coordinateur d'EURAMOS, a souligné l'importance d'une collaboration internationale pour son projet. « Même si les sarcomes sont rares et représentent moins de 1 % de l'ensemble des cancers, ils figurent parmi les formes les plus fréquentes qui surviennent durant l'enfance et l'adolescence », a-t-il commenté. « Le traitement est complexe et la collaboration entre de nombreux instituts et différents pays est fondamentale ».

Au cours de cette conférence, il a par ailleurs été remarqué que les nouvelles réglementations européennes sur les essais cliniques ont engendré certaines difficultés pour EURAMOS, mais que les partenaires du projet ont réussi à les surmonter.

« Les prescriptions de l'UE ont été conçues pour promouvoir une meilleure recherche et protéger les sujets », a affirmé le Dr Heribert Jurgens, membre de la société allemande d'oncologie et d'hématologie pédiatriques. « Nous devons les accepter et les appliquer, et mettre en place des structures centralisées et des procédures uniformisées ».

« EURAMOS a réussi à surmonter les obstacles engendrés par la mise en oeuvre de la directive européenne sur les essais cliniques. L'expérience accumulée au cours du lancement de cet essai peut désormais servir de modèle pour frayer le chemin à de nouveaux essais cliniques académiques paneuropéens dans le futur », a ajouté le Dr Mariana Resnicoff, coordinatrice du programme EUROCORES sur les sciences médicales de la FES.

La conférence a également permis de présenter un grand nombre d'avancées en matière de diagnostic et de traitement des sarcomes, depuis les techniques génétiques moléculaires permettant d'identifier précisément le type de cancer existant jusqu'aux technologies de radiothérapie les plus récentes, en passant par les méthodes d'ablation au laser de tumeurs secondaires aux poumons.

Cancer du sein : l’organisation de la prise en charge

Les femmes sont adressées au comité de pathologie mammaire parce qu’elles présentent une anomalie du sein. La plupart n’ont pas encore eu de diagnostic en ville et viennent à la fois pour établir le diagnostic et être prise en charge ; d’autres ont déjà un diagnostic et viennent pour un traitement.
  • Le diagnostic du cancer du sein
  • Les traitements du cancer du sein
  • Le suivi du cancer du sein

La journée diagnostique de Pathologie Mammaire

L’IGR a mis en place, en avril 2004, un Accueil de Pathologie Mammaire dédié au diagnostic rapide des lésions du sein et à leur prise en charge.
Tous les lundis, 35 femmes adressées pour une anomalie mammaire dépistée en ville sont vues dans le cadre de cet accueil médical pluridisciplinaire : chirurgiens, cancérologues, radiologues, pathologistes sont présents et travaillent conjointement à établir le diagnostic et si nécessaire le programme de traitement le plus rapidement possible : soit dans la journée, soit en quelques jours.
Le service fonctionne totalement en équipe et les médecins se relaient le lundi en alternance pour assurer l’accueil de patientes qu’ils prendront eux-mêmes en charge ensuite pour leur chirurgie ou leurs traitements médicaux le cas échéant.
Les conclusions diagnostiques sont très rapidement transmises aux médecins traitants des patientes vues en consultation, ainsi que les recommandations de prise en charge. En cas de traitement, les médecins de ville sont très régulièrement informés dans des délais courts, des traitements, du suivi et des diverses recommandations.
La prise en charge est donc faite conjointement avec les médecins généralistes et gynécologues de ville qui vont ensuite, si nécessaire, assurer seuls ou conjointement avec nous le suivi post-diagnostic ou post-traitement.

La mise en place de cet accueil en un jour « multidisciplinaire » (associant des médecins de plusieurs disciplines) de sénologie diagnostique nous a permis :
  • de réduire considérablement les délais de diagnostic et de prise en charge
  • d’améliorer les performances diagnostiques en associant les spécialistes entre eux
  • de formuler des décisions pluridisciplinaires dès la phase diagnostique

Lorsque le diagnostic du cancer du sein a déjà été posé

Lorsque les femmes nous sont adressées pour prise en charge d’une anomalie du sein, elles sont orientées directement vers la consultation d’un médecin correspondant à la prise en charge demandée : chirurgien, oncologue médical ou oncologue radiothérapeute.
Les décisions de traitement seront prises lors de l’une des deux réunions hebdomadaires de notre comité pluridisciplinaire qui voit environ 80 dossiers chaque semaine.
Les conclusions et propositions thérapeutiques sont transmises aux patientes par le médecin référent oncologue ou chirurgien. Leurs médecins traitants, qui sont régulièrement informés, participent de certaines décisions.

Le principe fondamental de la cancérologie : la multidisciplinarité.

La prise en charge des cancers du sein et des lésions du sein en est l’exemple sans doute le plus frappant : ni le diagnostic, ni le traitement, ne peuvent reposer sur un seul spécialiste, mais nécessitent le travail conjoint de plusieurs médecins de diverses disciplines : radiologues, pathologistes, chirurgiens, oncologues médicaux, oncologues radiothérapeutes, en collaboration étroite avec les médecins de ville.

La prise en charge des lésions du sein dans notre Institution prévoit donc formellement pour chaque décision majeure, un avis pluridisciplinaire : pour tous les diagnostics complexes, pour 100% des décisions des traitements adjuvants et des décisions thérapeutiques en cas de rechute.

La réunion de concertation pluridisciplinaire

Pourquoi ?
A l’Institut Gustave Roussy, la prise en charge des patients est organisée sous forme de Comités, les spécialistes de plusieurs métiers (chirurgie, radiologie, cancérologie médicale, radiothérapie, autres médecins spécialistes d’organes, etc…) travaillant en permanence ensemble pour une prise en charge la plus adaptée possible.
L’illustration la plus importante est la réunion de concertation pluridisciplinaire : il s’agit d’une réunion où les décisions thérapeutiques centrales dans la prise en charge des patients sont prises.
La réunion de concertation permet également un contrôle régulier de la qualité de la prise en charge.

Organisation des réunions de concertation du comité de Pathologie Mammaire à l’IGR
Pour le Comité de Pathologie Mammaire, l’ensemble de la réunion de Comité est faite sur dossiers lors d’une des deux réunions hebdomadaires :
  • le mercredi matin pour tout ce qui concerne les traitements adjuvants, les sorties d’hospitalisation, les suites de biopsie ou d’accueil en 1 jour
  • le mardi après-midi pour tout ce qui concerne la prise en charge d’une rechute métastatique de la maladie.
Le dossier est examiné en détails, tous les examens ainsi que l’imagerie sont revus par les médecins et une décision commune est prise après consensus.

La décision est écrite dans le dossier et c’est le médecin référent que vous reverrez en consultation peu après qui vous communiquera cette décision. Votre médecin traitant la recevra également dans le cadre du compte-rendu de consultation de votre médecin référent ou du compte-rendu d’hospitalisation.

Pour les avis sur dossier seul (les patients qui ne viennent pas à l’I.G.R.), la décision du Comité est communiquée au médecin qui en fait la demande.

Par ailleurs, le cas échéant, votre dossier pourra être discuté par votre médecin avec d’autres spécialistes dans le cadre d’autres comités :

Comité de Pathologie Thoracique le jeudi après-midi
Comité de Neuro-Oncologie le jeudi
Comité Sarcome le lundi
Comité Gynécologie le mardi
Comité Endocrinologie le mercredi
Comité de Génétique le lundi soir
Comité Digestif le mercredi
Comité d’Hématologie le jeudi, vendredi et le comité de Thérapie Cellulaire le lundi.

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