CANCER DU COLON


Le cancer colorectal est en France le plus fréquent des cancers dans l’ensemble de la population. Chaque année environ 33500 nouveaux cas sont diagnostiqués dont 21500 ( 65%) sont des cancers coliques et 12000 des cancers du rectum.
Son pronostic est corrélé à la précocité du diagnostic qui permet d’effectuer une exérèse curative.


I. ÉPIDÉMIOLOGIE :

La prévalence du cancer du côlon est de 25 à 30 pour 100000 habitants. Elle augmente de 1 à 2 % par an dans les pays occidentaux
En France ils sont à la cause de 8000 à 9 000 décès par an .
Ils sont plus fréquents chez l’homme que chez la femme.
Leur incidence croit avec l’âge : faible avant 30 ans, elle augmente significativement entre 40 et 45 ans, puis double tous les 10 ans. Elle est maximale vers 70 ans. Ainsi, le taux d'incidence standardisé passe de 109/ 105 entre 60 et 64 ans, à 261/105 entre 75 et 79 ans.
Le cancer du colon droit prédomine chez la femme entre 70 et 80 ans
L’incidence du cancer du colon gauche est supérieure à celle du cancer colique droit. Plus de 50% de l'ensemble des cancers coliques sont localisés au sigmoïde.

II. ETIO-PATHOGENIE

- Facteurs génétiques
Ils ont été évoqués dans trois circonstances:
- au cours de la polypose adénomateuse familiale (PAF), maladie héréditaire à transmission autosomique dominante. La dégénérescence des adénomes est inéluctable, aboutissant à l’apparition d’un ou plusieurs adénocarcinomes. La maladie est liée à une mutation du gène APC qui a été localisé au niveau du bras long du chromosome 5.
- au cours du syndrome de cancer colique héréditaire sans polypose (HNPCC) * ou syndrome de Lynch, défini par les critères d'Amsterdam (1) . La transmission du cancer colique se ferait sur le mode autosomal. Ce syndrome serait lié à des mutations constitutionnelles du gène COCA1. Des cancers d’autres localisations peuvent entrer dans le cadre de ce syndrome : cancer de l’endomètre le plus souvent, et plus rarement cancer du grêle, du rectum, de l’ovaire, des voies urinaires excrétrices.
- au cours du cancer colique sporadique. Le risque serait multiplié par 2 à 3 chez les sujets dont l’un des parents était atteint, par rapport au reste de la population, par 4 si deux parents du 1er degré étaient atteints, ou si le cancer était diagnostiqué avant 45 ans.
Ces patients ont un risque très élevé de cancer colique.

-Facteurs liés à l’environnement
Ils sont suggérés
- par la prédominance de l’affection dans les pays occidentaux : Europe, États Unis d’Amérique, alors qu’elle est rare en Afrique. Le cancer colique est 25 fois plus fréquent en France qu’au Sénégal.
- par les variations d’incidence dans des populations homogènes au cours de migrations. Le niveau de risque apparaît dès la première génération au cours des migrations d’un pays de faible incidence à un pays de forte incidence.

-Facteurs alimentaires
les régimes riches en graisses animales et en cholestérol et pauvres en fibres végétales favoriseraient le cancer colique. Cette alimentation augmenterait la concentration intra colique en stérols et en acides biliaires secondaires. Ceux-ci stimuleraient la prolifération de l’épithélium colique. La consommation d'huile d'olive diminuerait le risque de cancer colique.

- Le tabagisme
Il est maintenant démontré que le risque de développer un cancer colique ou rectal est accru chez les hommes ayant fumé de 30 à 40 années-paquet et chez les femmes au delà de 45 années-paquet.

-Pathologies coliques favorisantes
- L’ adénome : il peut être considéré comme un état précancéreux.
La filiation adénome - adénocarcinome est la règle. Dans un premier temps apparaît une dysplasie épithéliale, puis un adénocarcinome intra-muqueux qui devient invasif en s’étendant en profondeur .
Le risque de dégénérescence est faible pour les polypes hamartomateux du syndrome de Peutz Jeghers, ou ceux de la polypose juvénile. Les facteurs de risque de dégénérescence sont :
- la nature histologique : 5% de dégénérescence pour les adénomes tubulaires, 20% pour les adénomes villeux ou tubulo-villeux.
- la taille : 50% de dégénérescence au delà de 2 cm
- le nombre supérieur à deux
- la base d’implantation large.
- Rectocolite hémorragique
Au delà de 10 ans d’évolution , le risque d’apparition d’un cancer atteint 12% , et au delà de 30 ans, il atteint 30%, en cas de pancolite. Les localisations néoplasiques sont souvent multiples.
- Maladie de Crohn colique.
Le risque de dégénérescence est accru au delà de 8 ans d’évolution.
- Antécédents de cancer colique ou de d'adénome colique.
- Anastomose uretéro-sigmoïdienne. La dérivation des uretères dans le sigmoïde après cystectomie favorise l’apparition d’un cancer du colon à proximité de l’anastomose.

Prévention du cancer colique. Les recommandations de la conférence de consensus se limitent à des conseils diététiques : augmentation de la consommation de légumes, réduction globale des apports caloriques et augmentation de l'activité physique. Le traitement des lésions précancéreuses diminue le risque de cancer colique ( adénomectomie, colectomie)

Le dépistage du cancer colique est-il possible et utile ?

*Chez les sujets à risque moyen : le test Hémocult II, pratiqué chez les sujets âgés de 45 à 74 ans, tous les 2 ans, et suivi de coloscopie en cas de positivité, permet de diminuer la mortalité de 15 à 18%, 8 à 10 ans après le début du protocole, à condition que la participation de la population concernée soit d'au moins 50%.
* sujets à risque élevé : sujets ayant un parent atteint de cancer sporadique. Coloscopie dès l'âge de 45 ans, ou 5 ans avant l'âge au moment du diagnostic du cas le plus précoce de la famille. Puis coloscopie tous les 5 ans.
*Sujets à risque très élevé : si PAF, rectoscopie souple annuelle, de la puberté à l'âge de 40 ans. Si antécédents familiaux de cancer héréditaire sans polypose (HNPCC), coloscopie tous les deux ans, dès l'âge de 25 ans ou 5 ans avant l'âge au moment du diagnostic du cas le plus précoce de la famille. Chez la femme, examen gynécologique annuel après l'âge de 30 ans, en raison du risque de cancer de l'endomètre.

III- ANATOMOPATHOLOGIE :

Macroscopiquement :
Le cancer invasif se traduit par
- une tumeur bourgeonnante faisant saillie dans la lumière colique
- ou une tumeur végétante ou ulcérovégétante, à implantation large
- ou une tumeur squirreuse plus rare : infiltrante et sténosante , épaississant et rigidifiant la paroi colique.

Microscopiquement :
Les adénocarcinomes représentent 98% des cancers coliques.
Leur degré de différenciation est variable. Ils peuvent être
- bien différenciés (lieberkhuniens) 70 à 75% des cas. Tumeur de structure glandulaire.
- moyennement différenciés : 10%. Structures glandulaires et massifs cellulaires pleins
-peu ou indifférenciés : 5% . Rares structures glandulaires
- colloïdes : 10 à 15 %. Cellules contenant du mucus.
Les sarcomes sont très rares (2%)
. lymphosarcomes
. leïomyosarcomes.

Extension tumorale
Elle se fait localement à travers la paroi colique, à distance vers les ganglions lymphatiques et vers d’autres viscères (métastases)
L’extension locale se fait surtout latéralement . Les cellules cancéreuses progressent dans la paroi colique de façon centrifuge . Naissant au niveau de la muqueuse , elles atteignent la sous-muqueuse, la musculeuse puis la séreuse. Lorsque celle-ci est dépassée les tissus voisins peuvent être envahis à leur tour.
L’extension ganglionnaire est possible dès que le cancer dépasse la muscularis mucosae.
Elle est corrélée :
- à l’extension locale : 10% de métastases ganglionnaires pour les cancers limités à la sous-muqueuse, 74% pour ceux dépassant la musculeuse.
- à la différenciation histologique: 25% pour les cancers bien différenciés, 80% pour les cancers indifférenciés.
L’extension métastatique se fait surtout par voie portale. Les métastases sont :
- hépatiques dans 75% des cas
- pulmonaires 15%
- osseuses 5%
- cérébrales 5%

IV - CLINIQUE

DIAGNOSTIC POSITIF
Forme type : cancer sigmoïdien non compliqué
L’interrogatoire,
précise les antécédents personnels ou familiaux et recherche les facteurs de risque.
les signes fonctionnels :
- troubles du transit :
- constipation d’apparition ou d’aggravation récentes
- diarrhée, alternance de diarrhée et constipation particulièrement évocatrice, surtout en l’absence de troubles du transit antérieurs
- rectorragies:
émission de sang rouge par l’anus accompagnant ou indépendante des selles. Elles sont en règle peu abondantes .
- douleurs :
- coliques intermittentes avec ballonnement abdominal cédant par l’émission de gaz et de selles.
- sensation de gêne ou de pesanteur persistantes du flanc gauche
- altération de l’état général :
- asthénie, anorexie, amaigrissement
Signes généraux
- parfois, fièvre au long cours traduisant la surinfection locale
Signes physiques:
- Inspection
apporte peu d’informations en dehors des complications occlusives
- Palpation
Elle n’est contributive que chez les sujets à paroi abdominale mince. Elle recherche la tumeur colique :
- masse profonde, irrégulière, parfois sensible de la fosse iliaque gauche,
- et évalue sa mobilité ou sa fixation aux plans voisins traduisant leur envahissement.
- Les touchers pelviens doivent être effectués de principe.
Ils peuvent permettre de percevoir la tumeur si elle est prolabée dans le cul de sac de Douglas.
Le toucher rectal peut ramener un peu de sang rouge.
Ils sont souvent normaux.

FORMES CLINIQUES :
Formes topographiques :
- Cancer du caecum :
- rarement sténosant, souvent surinfecté
- les signes révélateurs sont
. des douleurs de la fosse iliaque droite
. les hémorragies distillantes : pâleur, anémie
. la découverte d’une masse de la fosse iliaque droite (50% des cas)
. une fièvre persistante
. une occlusion à un stade tardif
- le lavement baryté fait évoquer le diagnostic devant une image lacunaire irrégulière du bas fond caecal ou un mauvais remplissage du caecum.
Lorsque la valvule iléocaecale est intéressée, le tableau est celui d’une occlusion du grêle : syndrome de Koenig
le lavement baryté montre une mauvaise ou une absence d’ opacification de la dernière anse grêle
Dans tous les cas la coloscopie est l'examen de choix qui confirme la suspicion diagnostique.
- Cancer de l’angle colique droit :
Il se manifeste par des douleurs de l’hypochondre droit évoquant des pathologies biliaire, pancréatique ou gastrique.
L’ envahissement des viscères voisins: duodénum, pédicule hépatique, rein droit, pancréas est fréquent.
- Cancer du colon transverse :
Se présente comme une masse péri ou sous ombilicale
Il est rapidement sténosant, et entraîne des troubles du transit de type occlusif.
Il s’étend vers le ligament gastro-colique, le pancréas, l’ estomac, dont l’envahissement peut entraîner une fistule gastrocolique.
- Cancer du colon descendant :
Occlusif en raison du diamètre étroit de l’intestin à ce niveau. Une masse est parfois palpable au niveau du flanc ou de la fosse iliaque gauche.
Les cancers de l’angle colique gauche s’étendent rapidement vers la rate, la queue du pancréas, l’ estomac, le grand épiploon, le rein gauche.
- Cancer du colon iliaque :
peut envahir l’ uretère , la paroi abdominale.
- Cancers multiples :
doivent être recherchés de principe par coloscopie, surtout en cas de polypose ou de RCH .

Formes compliquées :

Formes occlusives :
Peuvent se voir dans toutes les localisations, mais sont plus fréquentes pour le colon gauche. Elles sont parfois révélatrices.
Elles sont dues le plus souvent à la présence de la tumeur qui obstrue la lumière colique; mais aussi dans les formes évoluées à une carcinose péritonéale.
L’arrêt complet des matières et des gaz succède en général à des épisodes incomplets , mais il peut aussi s’installer brutalement.

Péritonite:

* Localisée :
par infection péri-tumorale, constituant un abcès. Elle est due
- à la perforation de la tumeur,
- à sa fissuration par nécrose tissulaire
Elle se traduit par des douleurs localisées, avec troubles du transit, une fièvre persistante avec polynucléose et une altération de l’état général. La palpation abdominale peut percevoir une zone empâtée , ou une tuméfaction douloureuse.
L’ abcès péri néoplasique peut s’ouvrir dans un viscère voisin provoquant une fistule interne, ou se rompre dans la cavité péritonéale provoquant une péritonite généralisée.

* Généralisée:
Elle est due:
- à la rupture d’un abcès péri-tumoral
- à la perforation de la tumeur elle même
- à une perforation diastatique . Située à distance du cancer, par distension colique en amont d’une tumeur sténosante. Elle se produit le plus souvent au niveau du caecum. Dans tous les cas le tableau clinique est celui d’une péritonite généralisée grave, associant douleur et contracture abdominales, vomissements, fièvre, état de choc. Le diagnostic étiologique de la péritonite est confirmé par la laparotomie réalisée en urgence.

Formes fistulisées
L’envahissement d’un viscère voisin par la tumeur, ou l’ouverture d’un abcès entraîne une fistule interne, dont les signes varient en fonction du viscère intéressé:
- diarrhée si fistule gastro-colique, duodéno-colique ou iléo-colique,
- fécalurie ou pneumaturie si fistule sigmoïdo-vésicale
- écoulement fécaloïde si fistule colo-vaginale ou colo-cutanée.
Le diagnostic est évoqué par la coloscopie, qui montre le trajet fistuleux et parfois le cathétérise; ou le lavement opaque.
Formes hémorragiques :
Les rectorragies ont le mérite d’attirer l’attention vers le colon. Elles sont rarement abondantes, plus souvent distillantes entraînant une anémie hypochrome.
Formes au début
Elles sont de découverte fortuite lors d’une coloscopie systématique chez un sujet à risque, ou en cas de positivité de l’hémocult.
La dégénérescence peut être découverte sur un polype réséqué.
Ces formes précoces sont de bon pronostic post-thérapeutique.
V -EXAMENS COMPLÉMENTAIRES

*Biologie:
La NFS peut révéler une anémie hypochrome liée à des hémorragies distillantes.
Le dosage sérique de l’antigène carcino-embryonnaire (ACE) a une sensibilité et une spécificité faibles. Le taux de ce marqueur n’atteint de valeur significative que pour les tumeurs patentes , déjà symptomatiques. La principale indication de ce dosage est la surveillance postopératoire.
La recherche de sang dans les selles, réalisée par hémocult est un moyen de dépistage de masse. En cas de positivité, une coloscopie est indiquée.

*La radiographie d’abdomen sans préparation :
peut montrer une distension colique aérique au dessus d’une sténose qu’elle localise
une stase stercorale au-dessus de cette sténose
un pneumopéritoine en cas de perforation

* La coloscopie totale constitue la principale investigation
Elle doit être demandée en première intent ion devant tout signe évocateur, ou de manière systématique chez les sujets à risque.
Elle est réalisée sous neuroleptanalgésie, car l’insufflation colique est douloureuse. Pour être fiable elle nécessite une vacuité colique parfaite. Celle-ci est obtenue par lavage colique utilisant l’ingestion de 3 à 4 litres de poly-éthylène-glycol (PEG) ou de sennosides accélérant le transit ( X prep, cleanprep)
Elle visualise la tumeur:
- dure, bourgeonnante, plus ou moins ulcérée, et nécrosée, parfois sténosante.
- en précise le siège par rapport à la marge anale
- permet des biopsies
- explore le colon infra et supra tumoral et le rectum, à la recherche d’une autre localisation ou de polypes associés dont elle permet l’ exérèse .
Elle n’est pas toujours réalisable. En cas de tumeur sténosante infranchissable par l’endoscope seul le colon infra tumoral est explorable.
Elle est contre-indiquée en cas de suspicion de perforation.

La rectosigmoïdoscopie
explore le rectum et le sigmoïde. Elle est indiquée en cas de tumeur colique gauche , mais de permet pas de s’assurer de l’intégrité du colon sus-jacent.
Le lavement opaque : a perdu de son intérêt. Il reste indiqué quand la coloscopie a été incomplète ou irréalisable .
Il utilise de la baryte ou un produit hydrosoluble, d’élimination plus rapide, et mieux toléré par le péritoine en cas de perforation.
La progression du produit opaque est suivie en scopie. L’acuité de l’examen peut être majorée par le double contraste ( insufflation) qui permet de visualiser des tumeurs de 1 cm de diamètre, les clichés multiples en réplétion et en évacuation, la compression modérée.
Il est nécessaire d’obtenir le remplissage de la dernière anse grêle confirmant l’exploration de la totalité du colon.
Le cancer se traduit par une image constante et fixe :
- sténose : image en virole, défilé irrégulier, anfractueux, raccordé de façon brutale au colon sain, avec parfois ébauche d’invagination .
- lacune : latérale ou centrale, irrégulière, marécageuse, à base d’implantation large, .
- ulcération dans une lacune.
- simple rigidité pariétale
Cet examen précise en outre
- le siège de la tumeur par rapport à la marge anale,
- la présence d’une autre localisation néoplasique
- la morphologie colique

Le coloscanner constitue aussi une alternative à la coloscopie, lorsque celle-ci n’est pas réalisable. La tumeur se traduit par un épaississement de la paroi colique, ou une image d’addition intra luminale. La sensibilité de l’examen peut être améliorée par des reconstruction en 3 dimensions. Le scanner permet en outre d’explorer le foie, et d’évaluer l’extension locale de la tumeur.

V .TRAITEMENT :
Le traitement du cancer colique est en premier lieu chirurgical. Mais les résultats décevants de la chirurgie exclusive dans les formes évoluées ont conduit à lui associer une chimiothérapie adjuvante.
Les petits cancers non invasifs peuvent relever d’une résection endoscopique.
CHIRURGICAL
L'exérèse curative a pour but la guérison du patient. Elle est basée sur l’éradication de la totalité des tissus cancéreux :
exérèse du segment tumoral avec une marge de colon sain sus et sous-jacent de 5 cm minimum, et du mésocolon, contenant les lymphatiques drainant la zone tumorale.
Le premier temps de toute intervention est l’exploration de la cavité péritonéale pour
- préciser le siège et l’aspect de la tumeur
- l’intégrité du colon restant
- rechercher des localisations péritonéales
- des métastases hépatiques par palpation du foie ou échographie per-opératoire.
Lorsque l'intervention est programmée, et en l'absence d'occlusion, il est souhaitable de réaliser une préparation colique dont le but est d’assurer la vacuité colique. Elle peut être étalée sur plusieurs jours associant le régime sans résidu, les lavements évacuateurs avec une solution de Bétadine, et l’antibiothérapie orale. La préparation rapide fait appel à l’ ingestion de 3 à 4 litres de solutés (polyéthylène-glycol) assurant un lavage intestinal .
L’ antibioprophylaxie est systématique. Elle est débutée 1 heure avant l’incision, et ne dépasse pas une durée de 24 heures. Elle utilise des antibiotiques actifs sur les germes Gram négatifs et anaérobies.
La nature de l'exérèse est fonction du siège, et de la taille de la tumeur
Colectomies segmentaires
Elles emportent:
- le segment colique tumoral en sectionnant latéralement en tissus sains,
- 5 cm au moins de colon sain sus-jacent
- 5 cm au moins de colon sous-jacent au pôle inférieur de la tumeur
- le mésocolon en regard de la tumeur, contenant les deux premiers relais lymphatiques
La continuité colique est rétablie par anastomose colo-colique, termino-terminale ou latéro-latérale.
Si le colon n’a pu être préparé, le risque de fistule après suture digestive est majoré. Il est donc préférable de réaliser une colostomie latérale transitoire, dite de protection en amont de l’anastomose. Son rôle est d'éviter le passage des matières au niveau de la suture colique. Une intervention de type Hartmann est plus rarement réalisée : colectomie sans rétablissement de la continuité digestive. le côlon proximal est abouché à la peau en colostomie ,et le colon distal suturé est abandonné dans l’abdomen .

Hémicolectomie droite : en cas de cancer colique droit
Elle emporte : - tout le colon vascularisé par l’artère mésentérique supérieure et comportant, le caecum, le colon ascendant, l’angle droit , la moitié droite du transverse, la portion du grand épiploon qui lui est appendue.
- 5 à 10 cm d’iléon terminal
La ligature de l’artère colique droite est réalisée au ras de la mésentérique supérieure.
La continuité digestive est rétablie par une anastomose iléo-transverse latéro-latérale ou termino-latérale.

Hémicolectomie gauche
Elle emporte tout le colon vascularisé par l’artère mésentérique inférieure :
- moitié gauche du transverse
- colon descendant
- colon iliaque
- colon sigmoïde
ainsi que la partie gauche du grand épiploon, les mésocolons transverse et gauche.
L’artère mésentérique inférieure est liée à son origine.
La continuité est rétablie par une anastomose transverso-rectale, termino-terminale ou latéro-terminale .

Colectomie sub-totale
Elle emporte en plus de la zone tumorale , tout le colon situé en amont de celle-ci. L’anastomose iléo-colique ou rectale qui lui fait suite a l’avantage d’être plus sure qu’une suture colo-colique.

Colectomie totale
Elle emporte la totalité du cadre colique, de la dernière anse iléale à la jonction recto-sigmoïdienne.
La continuité est rétablie par anastomose iléo-rectale .
Son principal inconvénient est constitué par l'augmentation de la fréquence des selles .

Colectomie élargie
En cas d’envahissement de tissus voisins, l’exérèse peut être étendue à la demande, à la paroi abdominale, au rein, à la vésicule biliaire, au pancréas, à l’estomac, au grêle, à l’utérus, aux ovaires, à la vessie.

Exérèse des métastase hépatiques :
Elle est réalisable lorsque la résection de toutes les métastases parait possible sans exérèse hépatique majeure: métastase unique ou de petite taille.
- métastasectomie emportant la métastase et une collerette de tissu hépatique sain
- segmentectomie réglée
- lobectomie gauche ou droite
Ces exérèses peuvent être réalisées dans le même temps opératoire que la colectomie, ou différée de 2 à 3 mois après réalisation d'une chimiothérapie.
La chirurgie palliative a pour but de traiter les conséquences du cancer : occlusion, hémorragie, péritonite. Elle peut constituer un premier temps thérapeutique préparant le patient à une exérèse curative.
Elle est motivée:
- par l’état du patient, ne lui permettant pas de subir une intervention lourde
( sujet âgé, présentant des tares viscérales)
- par la survenue d’une complication évolutive devant être traitée en urgence: péritonite par perforation tumorale ou diastatique
occlusion
- par l’extension néoplasique:
métastases viscérales multiples
carcinose péritonéale
envahissement loco régional : viscères, gros vaisseaux, os.
Méthodes
Dérivations internes :
Elles visent à rétablir le transit intestinal par une anastomose latéro-latérale court circuitant la tumeur.
L’anastomose peut être:
- iléo-transverse (iléo-transversostomie) , iléo-sigmoïdienne (iléo-sigmoïdostomie)
- colo-colique ( transverso-sigmoïdostomie) .

Dérivations externes ou stomies :
Elles consistent à aboucher à la peau un segment intestinal de manière à ce que les matières s’écoulent à l’extérieur ou elles sont recueillies par un dispositif collecteur. Elles sont effectuées en amont de la tumeur et constituent un traitement de l’occlusion. Il peut s’agir
- d’une iléostomie: abouchement à la peau de l’iléon
- d’une colostomie latérale . Le colon est maintenu extériorisé par une baguette en verre ou en plastique
- d’une colostomie terminale: l’extrémité colique proximale est suturée à la peau. Le colon distal est
- soit abouché également constituant une colostomie en canon de fusil
-soit suturé et laissé dans l’abdomen

MÉTHODES ENDOSCOPIQUES
Résection à l’anse diathermique d’un polype dégénéré, à condition que le pied ne soit pas envahi. Sinon il faut réaliser une colectomie complémentaire.
Destruction au laser , ou forage de tumeurs sigmoïdiennes sténosantes. Cette méthode palliative reste d’exception, elle présente un risque élevé de perforation colique

CHIMIOTHÉRAPIE

Systémique
Elle est utilisée de principe en tant qu’adjuvant à la chirurgie depuis qu’une étude de la Mayo Clinic en 1990 , à montré qu’un traitement adjuvant postopératoire par 5 fluoro-uracile modulé par le lévamisole améliorait de manière significative les taux de survie à 3 et 5 ans des patients ayant bénéficié de l’exérèse complète de tumeurs stade C de Dukes. Il a été constaté, à 5 ans, une diminution du risque de rechute de 41%, et du risque de décès de 31% par rapport aux sujets traités par chirurgie seule. Le protocole impliquait une injection hebdomadaire de 5 FU durant 46 semaines. Les protocoles actuellement utilisés associent au 5FU de l'acide folinique. D'autres molécules tel l'irinotécan (Campto®) sont aussi utilisées.

Locale
Elle est destinée à traiter les métastases hépatiques.
La chimiothérapie intra-artérielle: consiste à perfuser le 5FU dans l’artère hépatique après cathétérisme de celle-ci. Le taux de réponse objective est de 50%, mais des métastases apparaissent dans d’autres sites dans 60 à 80% des cas. Cette méthode se complique de cholangite sclérosante dans 10 à 30% des cas.

RADIOTHÉRAPIE
A pour objectif de détruire les cellules néoplasiques résiduelles dans le lit tumoral après exérèse chirurgicale.
Elle est indiquée pour les tumeurs dépassant la paroi colique,
en cas d'exérèse incomplète, ou de récidive locale.

INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES ET RÉSULTATS
Cancers non compliqués non métastatiques :
C’est l’indication de la résection colique avec rétablissement immédiat de la continuité digestive.
Cancer colique droit :
hémicolectomie droite
Cancer du transverse :
moitié droite : hémicolectomie droite
moitié gauche : colectomie segmentaire
Cancer du colon descendant :
hémicolectomie gauche
Cancer du sigmoïde :
colectomie segmentaire
Cancers multiples ou polypose, ou RCH :
colectomie ou coloproctectomie totales
Résultats :
Mortalité postopératoire:
inférieure à 2%. Elle est due aux complications cardio-respiratoires et aux désunions anastomotiques.
Morbidité:
- postopératoire
complications médicales 2 à 6%
désunions anastomotiques : 1 à 5%
- à distance:
séquelles pariétales: éventrations
Survie à distance
globalement, à 5 ans , après chirurgie curative : 60 à 70%.
Les taux de survie sont corrélés à l’extension locale , au degré de différenciation cellulaire, et au caractère curateur de la résection.

4 commentaires:

  1. Anonyme15:10

    La prévention devrait être obligatoire!
    On se rends compte, quand-t-il est déjà trop tard!
    C,est mon cas, à 62 ans.
    Métatharses, plusieurs, aux foie. Pas opérable...-Cancer au colon, côté qauche, décendant.
    Je me suis promener pendant plus de 8-9 mois avec une douleur de côté, comme un couteau enfoncé; en pensant être une douleurs musculaire...
    Je ne savais pas expliquer ce que je ressentait... en somme...sinon que j,avais une toux persistente et encontrolable depuis fort longtemps même; on me soignais pour l,asme, avec des pompes. LA TOUX, PARTAIT ET REVENAIT...
    Dificulter à évacuer...certain...aussi.
    Enfin! - Un vrai desastre... (6-7 mois à vivre).
    Présentement j,en fais de la chimio...
    - Je suis à mon quatriéme traitement bientôt.
    Tant de deuils à faire car, bien des gens au tour de moi, ont tellement besoin de moi, encore...; mes petits-enfants...ma màre de 87 ans...qu,est chez moi...
    Quel cathastrophe!... Quel fatalité!
    Seulement un Miracle, peut me sauver!
    Merci de mettre des efforts, pour alerter les médecins, aux préventions, à ces sujets!

    M.L.Moreira

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    Réponses
    1. Anonyme15:35

      Bonjour, je suis triste pour vous... Connaissez vous la fondation Beljanski a st pierre d'Oléron? Appelez les. Je fais appel à eux pour mon conjoint qui a déclaré un cancer du colon stade 3 N➕ ....bon courage a vous et profitez de tout ce que vous pouvez...
      Catherine

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  2. A partir de 50 ans il faut pas négliger :
    - Des troubles du transit (constipation ou diarrhées),
    - Des crises abdominales douloureuses,
    - Des hémorragies ou présence de sang dans les selles plus ou moins rouge selon le siège de la lésion,
    - Une augmentation du volume de l'abdomen,
    - Une perte de poids inexpliquée,
    - Une fatigue chronique….

    Bertrand

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