Une équipe de neurochirurgiens français de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, en collaboration avec le centre anti-cancéreux MD Anderson de Houston et la société américaine BioTex, a réussi à détruire des métastases du cerveau grâce au laser à l'aide de l'imagerie par résonance magnétique (IRM). Environ 20 % des patients qui meurent de cancer, présentent des métastases cérébrales. Cette nouvelle technique chirurgicale est considérée comme une grande première médicale mondiale.

Une équipe de médecins français (neurochirurgiens, radiologues et anesthésistes) de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris ont réussi à détruire des cellules cancéreuses situées dans le cerveau, par rayon laser, en pratiquant une anesthésie locale. Les patients sont conscients pendant l'opération et ne ressentent aucune douleur. La nouvelle a été initialement publiée dans la revue américaine Neurosurgery.

Cette nouvelle technique, qui ne dure que quelques minutes, se fait sous anesthésie locale. Un minuscule orifice de 3 mm est effectué dans le crâne du patient pour introduire la fibre optique dotée du rayonnement laserinduit un réchauffement qui provoque une nécrose de la tumeur. Le traitement thermique qui dure1 à 2 minutes est contrôlé en temps réel par des séquences d'imagerie IRM qui permettent de contrôler la température et la taille de la nécrose. La fibre est retirée dès contrôle de l'efficacité du traitement par l'IRM. Pendant le traitement le patient, parfaitement conscient -et qui ne sent rien- est allongé dans l'IRM. Il peut sortir de l'hôpital quelques heures après l'opération.

Pendant deux ans, des essais cliniques ont été pratiqués sur une quinzaine de patients. Ces tests ont été menés sous l'égide de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), qui a consisté à utiliser un laser associé à une imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM). Sur les 15 traitements, neuf n'ont été que partiels et six totaux. Selon les résultats obtenus, cinq des six malades traités intégralement n'ont pas présenté de récidive sur les neuf mois en moyenne qui ont suivi le traitement. Toutes ces données demandent maintenant à être analysées avec un recul suffisant.

Le cancer du cerveau

Cancer du cerveau se dit d’une tumeur maligne qui se développe au dépens du cerveau. Qu’elle soit située dans le cerveau ou ailleurs dans l’organisme, une tumeur est constituée d’une masse de cellules inutiles et souvent anormales. Les tumeurs peuvent être bénignes, c.-à-d. anormales mais non cancéreuses, ou elles peuvent être malignes (cancéreuses). Les tumeurs, bénignes et malignes, peuvent être classées selon le type de cellules cérébrales dont elles sont issues.

Les tumeurs cérébrales cancéreuses les plus fréquentes sont appelées gliomes, et ce sont des cellules appelées névroglies (cellules de soutien des cellules nerveuses) qui deviennent cancéreuses. Le glioblastome multiforme est le gliome le plus fréquent. L’astrocytome anaplasique est un gliome dont la croissance est rapide, tandis que l’astrocytome évolue lentement. L’oligodendogliome, un autre type de gliome, rare lui aussi, se manifeste surtout chez les adultes. Tous ensemble, les gliomes comptent pour 50 % à 60 % de toutes les tumeurs cérébrales (cancéreuses et bénignes), aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte. Le médulloblastome, constitué de cellules de la moelle épinière à la base du cerveau, est rare chez l’adulte. Par contre, c’est la forme de cancer du cerveau la plus fréquente chez l’enfant. En général, cette tumeur apparaît avant la puberté. Enfin, le sarcome et l’adénocarcinome sont des types de tumeurs cérébrales très rares. Par exemple, l’ostéosarcome, un type de sarcome, compte pour moins de 1 % de toutes les tumeurs cérébrales (cancéreuses et bénignes), à la fois chez l’enfant et chez l’adulte.

Les tumeurs bénignes sont classées comme suit : les chordomes, constituées de cellules nerveuses de la moelle épinière ; les hémangioblastomes, qui prennent naissance dans les vaisseaux sanguins ; les méningiomes, constitués de la cellule de la membrane qui enveloppe le cerveau ; les ostéomes, constituées de cellules des os crâniens ; les pinéalomes, des tumeurs du corps pinéal ; les adénomes hypophysaires, des tumeurs de l’hypophyse ; les schwannomes (ou neurinomes) sont constitués de cellules qui enveloppent les nerfs. Les méningiomes comptent pour environ 25 % de toutes les tumeurs cérébrales, et les neurinomes pour 10 %. Les autres tumeurs bénignes compte pour moins de 5 % de toutes les tumeurs cérébrales.

Certaines tumeurs peuvent être soit bénignes soit cancéreuses, par exemple les tumeurs embryonnaires et germinales.

Cet article portera sur les cellules malignes ou cancéreuses du cerveau. Les cancers du cerveau sont plutôt rares, mais mortels. C’est la deuxième cause de décès par cancer chez les enfants de moins de 15 ans.

Causes

La cause précise du cancer demeure inconnue. Un cancer du cerveau qui prend son origine dans le cerveau même est appelé tumeur cérébrale primitive. La tumeur peut envahir les tissus adjacents du cerveau et les détruire. Les tumeurs du sein, des poumons, de la peau ou des cellules du sang (leucémie ou lymphome) peuvent également proliférer (c.-à-d. former des métastases) au cerveau, entraînant un cancer cérébral métastatique. Ces groupes de cellules cancéreuses peuvent alors continuer de se reproduire dans une seule partie ou dans différentes parties du cerveau.

Symptômes et Complications

Le cancer du cerveau produit des symptômes lorsque la tumeur exerce une pression sur le cerveau ou détruit du tissu cérébral. Les symptômes sont donc fonction de la taille et du siège de la tumeur ainsi que de la rapidité de sa croissance. Si le cancer du cerveau est causé par les métastases produites par un cancer dans une autre partie de l’organisme, les symptômes seront semblables à ceux de la tumeur cancéreuse initiale. Par exemple, lorsqu’une tumeur du poumon produit des métastases au cerveau, la tumeur cérébrale induit aussi des expectorations sanglantes, c.-à-d. que le patient crache un mucus sanglant.

Même si le premier symptôme du cancer du cerveau est souvent le mal de tête, la plupart des maux de tête ne sont pas causés par un cancer. Dans 95 % des cas, les maux de tête découlent d’affections bénignes comme la migraine ou la tension. Les maux de tête attribuables à une tumeur cérébrale commencent en général pendant la nuit et durent jusqu’au matin. Ils sont souvent intenses et peuvent durer longtemps ou se manifester de façon intermittente.

Au stade initial d’un cancer du cerveau, les gens peuvent éprouver des étourdissements, avoir une vision double et manquer de coordination. Au stade plus avancé, le cancer du cerveau peut produire les symptômes suivants : nausées, vomissements, fièvre, rythme cardiaque anormal et fréquence respiratoire anormale. Les convulsions sont les symptômes fréquents des tumeurs cancéreuses d’évolution lente. Qu’elles soient cancéreuses ou bénignes, les tumeurs peuvent entraîner une paralysie ou une faiblesse dans une partie du corps ou d’un côté du corps. Les tumeurs cancéreuses peuvent également altérer les sens, la personnalité, les émotions et la concentration.

Diagnostic

La présence des symptômes décrits ci-dessus peut amener le médecin à soupçonner un cancer du cerveau. Le premier examen qui permet de diagnostiquer correctement un cancer du cerveau, quel que soit le type, est la tomodensitométrie ou l’imagerie par résonance magnétique. Ces examens radiologiques spécialisés permettent de détecter de nombreux types de tumeurs cérébrales et d’en déterminer l’emplacement et la taille de façon précise. Toutefois, ils ne permettent pas de déterminer si la tumeur est cancéreuse ou non. Pour ce faire, il faut effectuer une biopsie.

La biopsie consiste à prélever un échantillon de tissu de la tumeur pour l’analyser ensuite au microscope. Une biopsie du tissu cérébral est en général effectuée au moment d’une intervention chirurgicale. Si la tumeur est logée trop profondément dans le cerveau, le chirurgien utilise une technique mise en place de l’aiguille par approche tridimensionnelle. Un instrument optique guide l’aiguille jusqu’à l’endroit approprié dans le cerveau. Des cellules de la tumeur sont aspirées dans l’aiguille et recueillies à des fins d’analyse.

Des cellules d’une tumeur cérébrale peuvent parfois être prélevées dans le liquide céphalo-rachidien (LCR), le liquide dans lequel baignent le cerveau et la moelle épinière. Pour recueillir un échantillon de LCR, on effectue une ponction dans la colonne vertébrale, c’est ce qu’on appelle une ponction lombaire. Ce procédé devient impossible lorsqu’une trop grande pression s’accumule dans le cerveau. Le changement de la pression cérébrale causé par une ponction risque de provoquer la succion de tissu cérébral à la base du crâne, ce qui cause de graves complications.

Traitement et Prévention

En général, les cancers du cerveau sont traités par une stratégie qui allie la chirurgie, la chimiothérapie (administration de médicaments anticancéreux) et l’irradiation. Dans un premier temps, le chirurgien excise la plus grande partie possible de cellules cancéreuses. Certaines tumeurs du cerveau sont logées dans des régions que le chirurgien ne peut atteindre sans endommager d’autres parties du cerveau. Dans ces cas, il est souvent préférable de ne pas opérer le patient. Toutefois, un traitement chirurgical s’impose lorsque la tumeur cancéreuse se développe aux dépens des parties vitales du cerveau. Même si la chirurgie ne permet pas d’enlever complètement la tumeur, elle en diminue la taille et contribue à soulager certains des symptômes.

L’irradiation ou radiothérapie commence en général après le traitement chirurgical. La radiothérapie guérit rarement le cancer du cerveau, mais elle permet de maîtriser la tumeur pendant des mois, voire des années. Certains types de cancers du cerveau, p. ex. les tumeurs primitives, réagissent plus favorablement à la chimiothérapie.

Le traitement des cancers métastatiques (c.-à-d. qui ont envahi d’autres tissus) dépend en grande partie du siège de la tumeur primitive. Par exemple, une tumeur du poumon qui a produit des métastases au cerveau est traitée de la même façon que d’autres cancers du poumon. Les cellules qui ont envahi le cerveau sont traitées par irradiation. Si le cancer a produit des métastases dans une certaine partie du cerveau seulement, le chirurgien peut exciser cette tumeur.

Grâce aux progrès remarquables de la technologie, il existe maintenant de nouvelles options de traitement qui font appel aux lasers et à l’échographie pour le traitement chirurgical. Grâce à cette nouvelle technologie, le chirurgien peut localiser la tumeur avec précision et il peut l’exciser de façon encore plus précise, ce qui diminue le risque que des cellules cancéreuses restent dans le cerveau. Il existe aussi une autre option que la chirurgie, une nouvelle technique où le chirurgien utilise un appareil de radiochirurgie stéréotaxique « Gamma UNIT » ; des faisceaux de rayons sont axés directement sur la tumeur pour l’éliminer. Pas besoin de scalpel ni d’incision !

Des recherches se poursuivent sur des traitements expérimentaux, p. ex. des implants radioactifs qui sont mis en place dans les tumeurs, la radiochirurgie et certaines nouvelles formes de chimiothérapie, avec l’espoir que ces nouvelles modalités permettront de mieux traiter les cancers du cerveau.

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