Nanotechnologie: un nouveau traitement pour le cancer du sein 2013

La nanotechnologie a déjà permis plusieurs innovations dans les domaines de la santé et des soins de beauté. Cette science laisse entrevoir d’énormes changements dans le diagnostic, le traitement et la prévention du cancer du sein.

Nanotechnologie: un nouveau traitement pour le cancer du sein
L’avenir de la santé et de la médecine est difficile à apercevoir puisqu’il loge dans la nanotechnologie, la science de l’infiniment petit. Mais peu importe! Cette science consiste à manipuler des substances comme l’or et la silice, pour en modifier la composition ou créer de nouvelles structures moléculaire ou physique dont on pourra utiliser les propriétés. Cette démarche a lieu à l’échelle atomique ou moléculaire, dont les dimensions sont d’un cent millième de la largeur d’un cheveu humain.  

Qu’est-ce que cela signifie pour vous? En guise de hors-d’ œuvres, sachez que la nanotechnologie nous a déjà fourni plus de 1000 produits de consommation, dont plusieurs produits de beauté et de santé. Elle a permis de fabriquer des vêtementsdont les tissus sont anti-odeur, de rendre transparent au lieu de blanc l’oxyde de zinc des écrans solaires, de bénéficier de la protection antimicrobienne des nanoparticules dans la doublure argentée de certains pansements disponibles en pharmacie. 

Encore plus intéressant, cette science en pleine expansion est pleine de promesses pour combattre les maladies. Et particulièrement dans le cas du cancer du sein, diagnostiqué à près de 23 400 femmes en 2011 seulement, les progrès de la nanotechnologie sont omniprésents. Les chercheurs visent à développer certaines molécules pour diagnostiquer, traiter et même prévenir le cancer. Voici un aperçu de l’état actuel de la recherche médicale et de ses possibilités.

À l’heure actuelle

Le Doxil et l’Abraxane, deux médicaments contre le cancer, élaborés par la nanotechnologie sont offerts en Amérique du Nord depuis cinq ans et sont maintenant facilement accessibles pour l’ensemble des patients. Cet exemple représente une infime partie des avantages que la nanotechnologie peut apporter au traitement du cancer du sein, d’après le docteur Stephen Grobmyer. Ce dernier, un chirurgien spécialisé dans le cancer du sein utilise la nanotechnologie à l’Université de la Floride à Gainesville; il est d’ailleurs un pionnier pour transposer les résultats de la recherche médicale dans le champ de la pratique clinique. 

«Ces médicaments constituent une avancée importante pour traiter le cancer», explique le docteur Steven Narod, directeur de l’unité de recherche familiale sur le cancer à l’Institut de recherche du Collège pour les femmes de Toronto, également détenteur de la chaire de recherche du Canada à l’Université de Toronto. Le le Doxil et l’Abraxane permettent d’effectuer une chimiothérapie mieux ciblée grâce à un revêtement particulier qui échappe aux attaques du système immunitaire; ils permettent d’injecter la quantité précise de médicament dans les cellules cancéreuses, réduisant par le fait même les effets secondaires. «L’un des objectifs importants du traitement du cancer est la diminution des effets secondaires des médicaments actuels,» ajoute le docteur Steven Narod.  

Mais la capacité des médecins de traiter adéquatement le cancer du sein repose sur la rapidité à détecter le cancer. «Nous sommes dans une impasse avec la qualité actuelle des techniques d’imagerie comme la mammographie et l’imagerie par résonnance magnétique qui manquent de précision et demandent des biopsies invasives. Ce dont nous avons besoin est une découverte qui permette d’identifier avec précision le cancer, de façon sécuritaire et confortable pour les patients.», explique le docteur Grobmyer. 

Dans les recherches sur les animaux, les chercheurs ont démontré que les nanoparticules injectées par seringue agissent comme des sondes imageuses pour détecter le canceren se fixant à certaines protéines des cellules cancéreuses, comme la mammaglobine dans les cellules cancéreuses du sein. Encore mieux, les rechercher démontrent que les produits de contraste utilisés dans l’imagerie des nanoparticules, qui se déplacent vers la tumeur et permettent ainsi de détecter le cancer, peuvent également permettre des thérapies non invasives. Lorsque ces nanoparticules sont rendues à l’intérieur d’une tumeur, les chercheurs peuvent les activer à distance à l’aide d’une lumière infrarouge par exemple, pour détruire les cellules cancéreuses. 

«Lorsque nous aurons surmonté les défis de l’imagerie à l’aide de la nanotechnologie,  il ne restera plus qu’à modifier légèrement ces nanoparticules d’imagerie pour mettre en œuvre une thérapie de la tumeur», explique le docteur Grobmyer. Ainsi, d’un seul coup, les nanoparticules arrivent à détecter et détruire les cellules cancéreuses du sein. 

À quel moment aurons-nous dépassé les défis de l’imagerie? Le docteur Grobmyer croit que les nouvelles techniques seront en place d’ici cinq à dix ans.

Les espoirs de la recherche

D’après l’Alliance de la nanotechnologie contre le cancer de l’Institut américain du cancer, les découvertes suivantes devraient faire une différence pour le traitement du cancer du sein et elles devraient être disponibles au cours des cinq à dix prochaines années. En février 2011, l’Agence fédérale américains aux produits alimentaires et pharmaceutiques annonçait l’approbation du premier essai humain d’un traitement à base de nanotechnologie pour un mélanome cancéreux. 

Voici les résultats les plus prometteurs. Mais plusieurs recherches sont en cours pour explorer comment la nanotechnologie pourrait aider à traiter le cancer dans le futur. 

Le pronostic: la plupart des femmes qui subissent le cancer du sein doivent subir une chirurgie invasive pour examiner le nœud lymphoïde, afin de déterminer si le cancer s’est répandu, ce qui se conclut par un résultat négatif dans la plupart des cas. LeJournal of Biophotonics fait état d’une recherche prometteuse démontrant qu’au moins une technique d’imagerie par nanotechnologie pourrait éliminer la nécessité d’une chirurgie pour établir un pronostic et traiter un cancer du sein qui serait étendu au nœud lymphoïde. 

Le traitement d’un problème métastatique
: «Depuis des années, nous recyclons les mêmes traitements contre le cancer. Mais nous avons réellement besoin d’en avoir de nouveaux.», affirme le docteur Narod. Il poursuit, en expliquant que cela s’applique surtout aux cas où le cancer du sein s’est disséminé sous forme de métastases, un état pour lequel il existe peu de traitements curatifs et qui est la principale cause de décès pour ces patientes. Mais il y a maintenant un espoir: les chercheurs de l’Université de l’Arkansas ont fait la preuve que les nanoparticules peuvent étiqueter les cellules des tumeurs au sein, celles qui causent le nouveau cancer, permettant de prendre des images et de les capturer et de les détruire sans pratiquer de chirurgie. «Cette percée représente un énorme potentiel pour identifier et traiter dès le début un cancer métastatique du sein», explique le docteur Grobmyer. 

La prévention: Les diverses nanoparticules et nano-formules sont porteuses de promesses pour empêcher la croissance et la prolifération des cellules du cancer du sein. Dans plusieurs recherches effectuées sur des animaux, les nano-formules d’anti-estrogène et les nanoparticules d’or qui utilisent des éléments phytochimiques extraits du thé vert ont démontré leur potentiel d’entraver la croissance des cellules cancéreuses.

Et la sécurité?


Avant que la nanotechnologie ne rende certains traitements disponibles, les chercheurs devront faire la preuve que les nanomatériaux ciblent avant tout la tumeur: la recherche actuelle doit surmonter les difficultés posées par le nombre élevé de variables et les propriétés des diverses nanoparticules étudiées. Les chercheurs devront également démontrer que ces matériaux sont éliminés de l’organisme en toute sécurité, mais selon le docteur Grobymer, ces obstacles seront surmontés au cours des trois à cinq prochaines années.  

Certains groupes prétendent qu’il n’y a pas assez de recherches sur les risques de la nanotechnologie pour la santé. Projet sur les nanotechnologies émergentes est l’un de ces groupes, à Washington D.C; ce groupe cherche à identifier et solutionner les manques de connaissances sur la sécurité entourant la commercialisation de cette nouvelle science. Les gouvernements du Canada et des États-Unis travaillent tous les deux à élaborer des règles de sécurité sur la production et l’utilisation de ces nouveaux nanomatériaux. 

Le docteur Grobmyer ajoute que la médecine porte beaucoup d’attention à l’aspect sécuritaire dans l’élaboration des traitements à base de nanotechnologie. «Nous accumulons des matériaux et nous travaillons avec ceux dont nous connaissons la sécurité, ce qui est la meilleure façon de faire avancer rapidement les expérimentations sur les êtres humains. Il demeure prioritaire que les découvertes se fassent rapidement et de façon sécuritaire.» , dit-il.

Comme médecin qui traite tous les jours avec des patients, le docteur Grobmyer se réjouit du potentiel de la nanotechnologie pour redéfinir les traitements et leur impact sur le cancer du sein au cours de la prochaine décennie. «Notre priorité est de trouver une nouvelle façon de traiter cette maladie. La nanotechnologie est définitivement très prometteuse à cet égard.»

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