Chimiothérapie pendant la grossesse

Dans cet espace Patientes vous allez obtenir des informations concernant l’utilisation de la chimiothérapie pendant la grossesse.

Il faut savoir que les chimiothérapies cytotoxiques entrainent des lésions dans les cellules exposées.
Certains de ces agents traversent la barrière fœto-placentaire et atteignent la circulation fœtale. Seules les drogues fortement liées aux protéines plasmatiques ne passent pas dans la circulation fœtale.
Le placenta est la porte d’entrée pour toutes les drogues vers le fœtus.
Le foie fœtal qui est immature peut toutefois métaboliser un grand nombre de substrats par oxydation et le rein fœtal participera alors à l’élimination des drogues.
Lorsqu’une drogue est excrétée dans le liquide amniotique, elle est ingurgitée par le fœtus et réabsorbée dans son appareil digestif, ce qui est malheureusement susceptible d’augmenter les effets indésirables des drogues sur le fœtus notamment pour les drogues éliminées sous forme active (comme les antimétabolites, par exemple).
Toutefois, le placenta est une voie d’élimination des drogues et il est la principale porte de sortie des déchets excrétés par le fœtus.
La capacité du nouveau né à métaboliser et à excréter de nombreuses drogues reste sous-développée. Si une chimiothérapie a été administrée peu avant la naissance, celle-ci peut être risquée, car alors plus aucune élimination n’est possible par le placenta.
L’impact de la chimiothérapie sur le bien être fœtal semble dépendre de plusieurs choses : du type, de la durée et des doses de drogues administrées ainsi que de l’âge gestationnel.
Durant les 2–4 premières semaines après la conception, la différenciation cellulaire et l’organogénèse sont minimales. Ainsi, la cytotoxicité de la chimiothérapie va aboutir soit à l’arrêt de la grossesse soit à aucun effet (loi du tout ou rien). Lors des semaines ultérieures du 1er semestre, la chimiothérapie peut interférer avec l’organogénèse avec un risque tératogène (malformations) estimé à 10% avec une monochimiothérapie et 20% avec une polychimiothérapie. Durant les deuxième et troisième trimestres, l’organogénèse est complète à l’exception du système nerveux central et des organes génitaux. Les données proviennent de cas cliniques et bien souvent les patientes ont reçus des polychimiothérapies ce qui rend délicat l’interprétation des effets secondaires. Les effets secondaires de la chimiothérapie sont rares : retard de croissance intra-utérin, mort fœtale in utero, accouchement prématuré, myélosuppression transitoire maternelle et fœtale (incidence 10-30%). Les malformations sont rares avec une fréquence similaire à celle de la population générale (2-3%). La chimiothérapie peut toutefois entraîner un retard de la croissance intra-utérin, un accouchement prématuré, une neutropénie et une alopécie néonatales et peut donner lieu à une ménopause prématurée chez le tiers des patientes, surtout lorsqu’elle est administrée à des patientes de plus de 30 ans.

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