cancer du sein : guérir, et après ?

Traitements performants, dépistage précoce, meilleure information. Le cancer du sein n’est plus une fatalité. Mieux, l’après-traitement commence à s’organiser jusque dans de petits détails qui rendent la vie plus facile. Et oui, la féminité peut l’emporter sur la maladie !

Quand on annonce à Nathalie, 50 ans, qu’elle est atteinte d’un cancer du sein, elle est pétrifiée.

Sur le coup, j’ai été anéantie par la nouvelle”, dit-elle. Inquiétude, découragement, solitude… Le cancer du sein touche près d’une femme sur dix au cours de sa vie. Avec plus de 42000 cas chaque année, il est devenu une priorité nationale, grâce au Plan Cancer. Mais, l’annonce d’un cancer peut provoquer une cascade d’émotions, très différentes d’une femme à l’autre. Comme beaucoup d’autres femmes, Nathalie a d’abord été alarmée par une petite boule indolore dans son sein. Son médecin lui a prescrit une mammographie, vite suivie d’un long tunnel d’examens et de traitements, provoquant une alternance d’espoirs de guérison, de doutes et d’anxiété.

La maladie isole, elle crée un carcan autour de celui qui souffre. Il faut dépasser le silence, exprimer ses émotions, ses attentes comme ses incertitudes. La place de l’entourage est essentielle. Les médecins, les infirmières, ou encore le psychologue, sont aussi très présents, à l’écoute de leur patiente et de ses proches. Désormais, l’équipe médicale informe complètement la patiente pour qu’elle comprenne mieux son affection. “Avoir un minimum de culture médicale, ça aide. Connaître la maladie, c’est déjà la combattre”, confirme Brigitte, 51 ans.

Le mot fait encore peur

Son métier de psychologue à l’hôpital l’a aidée à vivre son cancer avec plus de sérénité. Sa principale difficulté, partagée par de nombreux patients, a été d’annoncer sa maladie à ses proches, et surtout ses parents : “Le mot fait encore peur, on n’ose pas le prononcer ! Quand il s’agit de ses parents en plus, ce n’est pas dans l’ordre naturel des choses…” D’autres épreuves accompagnent les différentes phases du traitement, qui est adapté à chaque patiente : l’administration de rayons – c’est la radiothérapie – ou de médicaments – c’est la chimiothérapie –, et surtout l’ablation de la tumeur, ou de tout le sein si c’est nécessaire, une “mastectomie”. Elle est particulièrement éprouvante, car elle prive la patiente d’un des symboles de la féminité, de la sexualité. Certes, il y a des prothèses ou des greffes pour reformer un sein “artificiel” mais, le plus souvent, il faut aussi retoucher le second pour qu’ils aient la même forme. Toutefois, seule une femme sur cinq opte pour cette solution. Nathalie explique ses raisons : “Je n’ai pas voulu d’un faux sein dans mon corps, subir de nouvelles opérations, d’autres cicatrices… J’ai eu de la chance, mon mari m’a soutenue dans tous mes choix, même s’il a, lui aussi, du mal à se faire au vide que laisse la mastectomie.”

La moitié des femmes qui ont un cancer du sein sont âgées de plus de 70 ans !

C’est évident, le regard du conjoint sur la cicatrice et la forme du sein, la reprise de relations sexuelles, tout cela est angoissant. À juste titre… Mais le temps et le dialogue sont les meilleurs moyens de renouer avec l’intimité. La plupart des femmes se satisfont d’une prothèse externe, dans un souci esthétique mais aussi médical, car le déséquilibre entre les deux seins cause des problèmes de dos. Toutefois, de plus en plus de patientes choisissent d’accepter leur corps tel qu’il est. Le dépistage précoce du cancer du sein est en train de changer les choses. Son intérêt ? Découvrir tôt le cancer, lorsqu’il est encore petit et plus facile à guérir. La chirurgie est alors moins mutilante.

“J’ai eu beaucoup de chance grâce à ce suivi régulier”, se souvient Nan, 70 ans, qui n’a pas subi de mastectomie. Le dépistage est organisé dans le cadre d’une campagne nationale destinée aux femmes de 50 à 74 ans, mais il concerne aussi les seniors plus âgées ! “Aujourd’hui, la moitié des femmes qui ont un cancer du sein sont âgées de plus de 70 ans !”, assure le docteur Serin, radiothérapeute à Avignon. Si on fait le dépistage depuis ses 50 ans, il faut absolument le continuer toute sa vie… et les autres doivent vraiment commencer !” “Comme ma précédente mammographie était normale, je n’étais pas inquiète : en si peu de temps, le cancer n’aurait pas eu le temps de grossir. Effectivement, on ne m’a retiré qu’une partie du sein”, explique Nan. Grâce aux massages réguliers préconisés par son chirurgien, son sein a repris sa forme initiale. Une raison supplémentaire d’adopter le dépistage régulier ! Et pour l’améliorer, n’oubliez pas l’autopalpation, chaque mois, à la recherche d’une petite boule anormale.

Malade ? oui, mais toujours féminine !

Maladie ne rime pas forcément avec laisser-aller. Bien au contraire, et ce n’est pas Anne Matalon qui nous contredira ! Cette femme écrivain de 45 ans a souffert de deux cancers de l’ovaire. Suite à son expérience, elle a créé une boutique spécialement conçue pour répondre aux besoins des femmes malades et les chouchouter. À l’Embellie, on trouve des produits adaptés, mais aussi des ateliers à thème, des livres et des CD. Tout est fait pour favoriser la sérénité des clientes. Côté magasin, on propose des solutions concrètes : perruques, foulards, chapeaux, pour compenser la chute des cheveux, toujours très pénible à vivre, et même un kit de maquillage pour les sourcils, “le petit truc en plus, auquel on ne pense pas forcément”. Les prothèses mammaires externes sont vendues avec un large choix de soutiens-gorge, de maillots de bain adaptés. Côté ateliers, des cours de relaxation comme le yoga ou le Qi-gong apportent détente et exercice. Des cours de maquillage sont aussi proposés.

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