Cancer du sein : l’organisation de la prise en charge

Les femmes sont adressées au comité de pathologie mammaire parce qu’elles présentent une anomalie du sein. La plupart n’ont pas encore eu de diagnostic en ville et viennent à la fois pour établir le diagnostic et être prise en charge ; d’autres ont déjà un diagnostic et viennent pour un traitement.
  • Le diagnostic du cancer du sein
  • Les traitements du cancer du sein
  • Le suivi du cancer du sein

La journée diagnostique de Pathologie Mammaire

L’IGR a mis en place, en avril 2004, un Accueil de Pathologie Mammaire dédié au diagnostic rapide des lésions du sein et à leur prise en charge.
Tous les lundis, 35 femmes adressées pour une anomalie mammaire dépistée en ville sont vues dans le cadre de cet accueil médical pluridisciplinaire : chirurgiens, cancérologues, radiologues, pathologistes sont présents et travaillent conjointement à établir le diagnostic et si nécessaire le programme de traitement le plus rapidement possible : soit dans la journée, soit en quelques jours.
Le service fonctionne totalement en équipe et les médecins se relaient le lundi en alternance pour assurer l’accueil de patientes qu’ils prendront eux-mêmes en charge ensuite pour leur chirurgie ou leurs traitements médicaux le cas échéant.
Les conclusions diagnostiques sont très rapidement transmises aux médecins traitants des patientes vues en consultation, ainsi que les recommandations de prise en charge. En cas de traitement, les médecins de ville sont très régulièrement informés dans des délais courts, des traitements, du suivi et des diverses recommandations.
La prise en charge est donc faite conjointement avec les médecins généralistes et gynécologues de ville qui vont ensuite, si nécessaire, assurer seuls ou conjointement avec nous le suivi post-diagnostic ou post-traitement.

La mise en place de cet accueil en un jour « multidisciplinaire » (associant des médecins de plusieurs disciplines) de sénologie diagnostique nous a permis :
  • de réduire considérablement les délais de diagnostic et de prise en charge
  • d’améliorer les performances diagnostiques en associant les spécialistes entre eux
  • de formuler des décisions pluridisciplinaires dès la phase diagnostique

Lorsque le diagnostic du cancer du sein a déjà été posé

Lorsque les femmes nous sont adressées pour prise en charge d’une anomalie du sein, elles sont orientées directement vers la consultation d’un médecin correspondant à la prise en charge demandée : chirurgien, oncologue médical ou oncologue radiothérapeute.
Les décisions de traitement seront prises lors de l’une des deux réunions hebdomadaires de notre comité pluridisciplinaire qui voit environ 80 dossiers chaque semaine.
Les conclusions et propositions thérapeutiques sont transmises aux patientes par le médecin référent oncologue ou chirurgien. Leurs médecins traitants, qui sont régulièrement informés, participent de certaines décisions.

Le principe fondamental de la cancérologie : la multidisciplinarité.

La prise en charge des cancers du sein et des lésions du sein en est l’exemple sans doute le plus frappant : ni le diagnostic, ni le traitement, ne peuvent reposer sur un seul spécialiste, mais nécessitent le travail conjoint de plusieurs médecins de diverses disciplines : radiologues, pathologistes, chirurgiens, oncologues médicaux, oncologues radiothérapeutes, en collaboration étroite avec les médecins de ville.

La prise en charge des lésions du sein dans notre Institution prévoit donc formellement pour chaque décision majeure, un avis pluridisciplinaire : pour tous les diagnostics complexes, pour 100% des décisions des traitements adjuvants et des décisions thérapeutiques en cas de rechute.

La réunion de concertation pluridisciplinaire

Pourquoi ?
A l’Institut Gustave Roussy, la prise en charge des patients est organisée sous forme de Comités, les spécialistes de plusieurs métiers (chirurgie, radiologie, cancérologie médicale, radiothérapie, autres médecins spécialistes d’organes, etc…) travaillant en permanence ensemble pour une prise en charge la plus adaptée possible.
L’illustration la plus importante est la réunion de concertation pluridisciplinaire : il s’agit d’une réunion où les décisions thérapeutiques centrales dans la prise en charge des patients sont prises.
La réunion de concertation permet également un contrôle régulier de la qualité de la prise en charge.

Organisation des réunions de concertation du comité de Pathologie Mammaire à l’IGR
Pour le Comité de Pathologie Mammaire, l’ensemble de la réunion de Comité est faite sur dossiers lors d’une des deux réunions hebdomadaires :
  • le mercredi matin pour tout ce qui concerne les traitements adjuvants, les sorties d’hospitalisation, les suites de biopsie ou d’accueil en 1 jour
  • le mardi après-midi pour tout ce qui concerne la prise en charge d’une rechute métastatique de la maladie.
Le dossier est examiné en détails, tous les examens ainsi que l’imagerie sont revus par les médecins et une décision commune est prise après consensus.

La décision est écrite dans le dossier et c’est le médecin référent que vous reverrez en consultation peu après qui vous communiquera cette décision. Votre médecin traitant la recevra également dans le cadre du compte-rendu de consultation de votre médecin référent ou du compte-rendu d’hospitalisation.

Pour les avis sur dossier seul (les patients qui ne viennent pas à l’I.G.R.), la décision du Comité est communiquée au médecin qui en fait la demande.

Par ailleurs, le cas échéant, votre dossier pourra être discuté par votre médecin avec d’autres spécialistes dans le cadre d’autres comités :

Comité de Pathologie Thoracique le jeudi après-midi
Comité de Neuro-Oncologie le jeudi
Comité Sarcome le lundi
Comité Gynécologie le mardi
Comité Endocrinologie le mercredi
Comité de Génétique le lundi soir
Comité Digestif le mercredi
Comité d’Hématologie le jeudi, vendredi et le comité de Thérapie Cellulaire le lundi.

Prise en charge pour maladie du cancer

Comment gérer un arrêt de travail ?

Les formalités sont différentes selon que vous êtes salariée du secteur privé, artisan, profession libérale, fonctionnaire ou sans emploi.

- Pour les salariés, le médecin prescrit un arrêt de travail dont il indique la durée. Il peut par la suite le prolonger si nécessaire. Des indemnités journalières calculées à partir de votre salaire (demi-salaire de base, augmenté en fonction de votre convention collective) sont versées à partir du 4ème jour d’arrêt.
Pour percevoir ces indemnités vous devez justifier d’une durée d’activité minimale.

- Les non-salariées du secteur privé bénéficient désormais de la même prise en charge que les salariées en ce qui concerne les soins. Il s’agit, par exemple, des personnes qui travaillent dans le commerce ou l’artisanat à titre indépendant, ou encore de celles qui exercent une profession libérale.
En revanche, pour les pertes de revenus occasionnées aux non-salariés par l’interruption de leur activité professionnelle, seuls les artisans sont couverts par la Sécurité sociale.
Les professions libérales ne disposent dans ce domaine que de leur assurance privée.
Celle-ci risque d’être insuffisante si vous n’avez souscrit qu’une garantie minimale.

- Les fonctionnaires et assimilés ont droit, sur certificat médical, à des congés maladie. Leur salaire leur est versé intégralement pendant trois mois consécutifs, il est réduit de moitié ensuite. Les avantages familiaux et de résidence sont maintenus. Ces conditions se modifient si la patiente entre en congé de longue durée.

- Les personnes à la recherche d’un emploi reçoivent des indemnités journalières sur la base de leur dernier salaire.
Pendant ce temps, leurs indemnités Assedic sont suspendues.

Combien de temps puis-je bénéficier d’un arrêt de travail ?

Un arrêt de travail peut être prolongé pendant 3 ans. Passé ce délai, il faut envisager une mise en invalidité ou, si vous avez plus de 60 ans, une retraite anticipée.
Le congé maladie des fonctionnaires ne peut pas durer plus d’un an.
Pour des durées plus longues, vous pouvez bénéficier d’un congé de longue maladie (3 ans), qui peut être remplacé ou suivi par un congé de longue durée (4 à 5 ans).

A qui dois-je adresser mon arrêt de travail ?

Votre médecin vous a remis un avis d’arrêt de travail. Vous devez adresser dans un délai de 48 heures :

- les volets 1 et 2 de l’avis de l’arrêt de travail à votre caisse d’assurance maladie,

- le volet 3 à votre employeur (ou à l’organisme chômage),

- vous gardez le feuillet 4.
Si vous êtes hospitalisé, l’arrêt de travail est remplacé par un bulletin de situation. N’oubliez pas d’envoyer une prolongation de votre arrêt de travail à la sortie de votre hospitalisation si il n’y a pas de reprise d’activité afin de ne pas interrompre le versement de vos indemnités journalières.
Les fonctionnaires communiquent le certificat médical à leur supérieur hiérarchique.

Puis-je m’absenter en période d’arrêt de travail ?

Un arrêt de travail n’est pas une raison pour ne pas prendre de vacances !

Cependant votre médecin doit mentionner sur l’arrêt que vous pouvez vous absenter ; vous aurez à demander l’accord de votre caisse avant de partir et lui donner votre adresse de villégiature.

L’assurance invalidité

Une pension d’invalidité peut-être versée à la suite d’une longue maladie à tout salarié de moins de 60 ans, lorsque ses droits aux indemnités journalières sont épuisés (3 ans maximum) et lorsque ses capacités de travail sont altérées.

Certaines conditions d’ordre médical et d’ouverture de droit sont à remplir. Vous pouvez vous renseigner auprès de votre caisse d’assurance maladie.

Le « mi-temps thérapeutique »

On appelle ainsi une reprise du travail à temps partiel.

Un mi-temps thérapeutique peut vous être accordé par le médecin-conseil de votre caisse de Sécurité sociale, sur proposition de votre médecin traitant ou de votre médecin du travail.
Dans ce cas, vous bénéficiez pendant 3 mois (parfois 6 mois), grâce aux indemnités journalières, de l’équivalent d’un salaire à temps plein pour un travail à mi-temps.

Il faut également obtenir l’accord de votre employeur pour qu’il aménage votre temps de travail si votre poste le permet.

Un soutien psychologique pour les malades du cancer

« Quand j'arrive dans le service, j'ai l'impression d'être chez moi, raconte Claudine, malade du cancer soignée à l'hôpital de Beauvais. On ne nous voit pas comme des gens malades, mais comme des êtres humains avec une vie. » Claudine témoigne de l'importance des soins dits de support. En clair, toutes ces petites attentions à visée thérapeutique qui complètent le traitement médical. Le centre hospitalier de Beauvais vient d'organiser la première d'une série de rencontres autour de ce thème. Une centaine de professionnels des hôpitaux et cliniques de la région, des associatifs, des coiffeurs, des pharmaciens, des kinésithérapeutes étaient réunis pour réfléchir à l'amélioration de la prise en charge des patients atteints de cancer et de leurs proches. Rappelons qu'en 2007, 1 792 patients ont été suivis en cancérologie à l'hôpital de Beauvais. C'est 30 % de plus qu'en 1999. « Toujours quelqu'un pour nous écouter » « Quand tout est mis en oeuvre autour, les patients ont moins de mal à accepter les soins médicaux, assure Sylvie Marquet, directrice des soins du centre hospitalier de Beauvais. On n'est qu'au début de l'organisation concertée des soins de support. Il y a une culture commune à créer entre tous les acteurs. » Le centre de coordination en cancérologie manque aussi de compétences. Diététiciens, professionnels en socioesthétique et kinés font défaut. Des services qui peuvent permettre au malade de se sentir mieux tout comme le soutien d'un psychologue. « Dans le premier service où j'ai été soignée, l'aspect psychologique n'était pas tellement pris en compte, raconte Claudine. Je me suis sentie un peu seule. J'ai été ensuite transférée dans un second service où j'ai été agréablement surprise. Sans soutien psychologique, je n'aurais pas pu protéger mon couple, pu mettre ma vie professionnelle entre parenthèses. Je ne serais pas aussi en forme. On a forcément des moments de doute. On a l'impression que le bateau est en train de couler, et là on a toujours quelqu'un pour nous écouter. »

Chirurgie cancer du prostate 2011

Lorsqu’un examen de la prostate détecte la présence d’un cancer, se pose alors la question du traitement. Plusieurs choix sont possibles, qui dépendent notamment des caractéristiques du cancer et de l’âge du malade. Le cancer de la prostate a la réputation d'évoluer lentement, en plusieurs années. Mais en réalité, sa vitesse d'évolution est imprévisible.

Le plus souvent, le cancer de la prostate est découvert entre 60 et 70 ans. A cet âge, l'évolution du cancer peut avoir un impact direct sur l'espérance de vie du patient, ainsi un traitement est indispensable. Si la détection d'un cancer de la prostate intervient chez un patient de 80 ans ou plus, le prescripteur devra estimer les bénéfices d'une opération en fonction de la vitesse d'évolution du cancer.

Intervenir avant l'extension du cancer

Opération du cancer de la prostateL'âge du patient est donc un élément important dans la décision d'opérer un cancer de la prostate, mais il n'est pas le seul. En effet, l'opération a pour but d'enlever la tumeur et espérer ainsi la guérir définitivement. Or les chances de guérison dépendent beaucoup de l'importance du cancer, c'est-à-dire de son extension.

S'il est strictement localisé dans la glande, sans avoir franchi l'enveloppe qui entoure la prostate, les chances de guérison sont de 100 %. Mais plus le cancer est étendu, plus les chances de guérison diminuent. Enfin, il faut savoir que l'opération qui consiste à enlever totalement la prostate (une prostatectomie radicale) peut être à l'origine de cas d'impuissance ou d'incontinence.

Les spécialistes conseillent d'enlever totalement la prostate pour les hommes de moins de 70 ans ayant un cancer de la prostate, dont on pense qu'ils vont vivre encore pendant 10 ans au moins, si leur état de santé le permet et s'ils acceptent le risque d'être impuissant ou incontinent.

Pour les hommes de plus de 70 ans, pour ceux dont l'état de santé ne permet pas l'opération et pour ceux qui ne veulent pas risquer d'être impuissants ou incontinents, on propose une radiothérapie. Toutefois, ce traitement est en général moins efficace que la prostatectomie pour guérir le cancer. Après 75 ans, on peut proposer une simple surveillance lorsque le cancer n'est pas agressif.

La question que chacun peut se poser est : que ferais-je si à 61 ans, on me découvre un petit cancer de la prostate? Pour les spécialistes, la réponse est d'enlever totalement la prostate pour vivre aussi longtemps que votre voisin, mais avec le risque de devenir impuissant ou incontinent. Le choix définitif est entre vos mains, une fois que vous avez été correctement informé par le médecin. Les nouveaux traitements contre l'impuissance permettent souvent de pouvoir continuer à avoir des rapports sexuels après l'opération.

Enfin, n’oubliez pas que le toucher rectal associé au dosage du PSA, effectué tous les ans à partir de l'âge de 50 ans, est le meilleur moyen de découvrir un petit cancer toujours guérissable.

Dr Emmanuel Zinsky

Le nouveau traitement du cancer de l'ovaire de BioProspecting NB, Inc. se révèle efficace sur un modèle animal

BioProspecting NB Inc. (BPNBI) a publié aujourd'hui des données préliminaires indiquant que l'un de ses médicaments réduit la croissance des tumeurs dans les cancers de l'ovaire aussi efficacement que les chimiothérapies actuelles, tout en n'ayant aucun effet toxique visible. Ces résultats signifient que le nouveau candidat médicament du programme de gestion du cancer ciblé de BPNBI va pouvoir passer à l'étape de développement suivante.

Ce nouveau médicament a été mis au point à la suite de recherches portant sur l'un de ses composants de la salive de musaraigne lancées il y a pratiquement dix ans. Des résultats positifs ayant été obtenus lors de la mise en culture de cellules cancéreuses humaines (ovaire et sein) effectuée en collaboration avec l'Institut atlantique de recherche sur le cancer de Moncton, au Nouveau-Brunswick, la société biopharmaceutique de Sackville a décidé de réaliser une étude pilote en transplantant un cancer de l'ovaire humain sur des souris. Au cours de cette étude, qui a été confiée à la BC Cancer Agency, la tête de série de BPNBI, à la dose utilisée, a permis de réduire considérablement la croissance des tumeurs par rapport à ce qui a été constaté chez les animaux non traités. Ce résultat s'est avéré comparable à ceux enregistrés dans le cadre d'une chimiothérapie normale (CAT : carboplatine et taxane) de traitement du cancer de l'ovaire. Il n'a de plus été constaté aucune toxicité observable après administration de ce nouveau traitement, alors que des problèmes typiques sont apparus chez les animaux traités par chimiothérapie. À l'inverse des traitements chimiothérapiques normaux, la technologie de BPNBI se base sur une approche non cytotoxique ciblant la physiologie de la tumeur, qui permet souvent d'éviter les effets secondaires indésirables. Les cellules visées par ce traitement sont présentes à des niveaux très faibles, voire presque nuls, dans les cellules en bonne santé. Même à très forte dose, administrée chaque jour pendant deux semaines, aucune toxicité n'a été observée. Un résultat inattendu : la bioaccumulation du médicament dans les ganglions lymphatiques dans lesquels les cancers se répandent souvent (métastases). Des études à ce sujet et d'autres recherches sont en cours de réalisation.

« Ces résultats très prometteurs indiquent que le principal candidat médicament de notre société possède le potentiel de devenir un nouveau médicament de lutte contre le cancer. Ils nous encouragent à investir pour mener à bien les recherches requises sur des modèles animaux avant de demander les autorisations qui permettront de lancer les études chez l'humain », a déclaré le Dr Kenneth Keirstead, PDG de BPNBI.

Cancer de l’ovaire

Le cancer de l'ovaire était le sixième cancer le plus fréquemment diagnostiqué et la cinquième cause de décès par cancer chez les Canadiennes en 1998. En 2004, 2 300 nouveaux cas de ce cancer, soit une incidence de 12 pour 100 000, seront diagnostiqués chez les femmes au Canada (Statistiques canadiennes sur le cancer, Institut national du cancer du Canada, 2004). Dans le même temps, aux États-Unis, on estime qu'en 2005, 22 000 femmes seront atteintes d'un cancer de l'ovaire et que plus de 16 000 d'entre elles décéderont de cette maladie. Le taux d'incidence de ce cancer baisse lentement depuis le début des années 1990. Le cancer de l'ovaire reste le plus meurtrier de tous les cancers gynécologiques, en partie en raison d'un manque de symptômes clairs et reconnaissables à un stade précoce et de l'absence de tests de dépistage spécifiques. Il est donc souvent diagnostiqué un stade avancé, au moment où la maladie s'est propagée hors de l'ovaire. On estime qu'environ 2,2 milliards de dollars sont dépensés aux États-Unis chaque année pour traiter cette maladie (Institut national du cancer).

Technologie liée à la soricidine

La soricidine est un peptide exclusif isolé à partir de la glande salivaire submandibulaire de la grande musaraigne (Blarina brevicauda) qui met en évidence une activité à la fois paralysante et antitumorale par le biais d’une modulation du canal ionique sélectif. La bifonctionnalité inhérente est un phénomène rare dans les peptides de petite taille et n’a pas été relevée dans les ouvrages scientifiques. Les activités de BPNBI ont conduit à la séparation des domaines paralysants et antitumoraux de la soricidine comportant un peptide parent. La soricidine, son corrélat synthétique (la soricidine synthétique) et un peptide dérivé du N-terminal, sont tous assortis de propriétés paralysantes. Les propriétés paralysantes non opioïdes du peptide suggèrent une éventuelle application pour un traitement antalgique n’entraînant pas de dépendance (douleur neuropathique chronique et aiguë), mais le programme d’optimisation de têtes de série de BPNBI met la priorité sur la capacité de gestion du cancer. En résumé, les peptides dérivés synthétisés à partir du C-terminal de la soricidine ne sont pas des agents paralysants ni des agents cytotoxiques, car ils fonctionnent par le biais d’un mécanisme physiologique ciblé, leur permettant de minimiser les profils d’effets secondaires types observés dans les chimiothérapies standards. En résumé, les peptides ont des effets prononcés sur les cellules cancéreuses, grâce à l’inhibition d’une nouvelle cible cancéreuse de canal calcique, TRPV6 (potentiel récepteur transitoire, vanilloïde 6). On considère que les cancers du sein, de l’ovaire et de la prostate, par exemple, prolifèrent grâce à la surexpression de TRPV6, ce qui déclenche une voie de survie. Pour résumer, les propriétés biologiques bifonctionnelles uniques de la technologie liée à la soricidine constituent une occasion unique en matière de mise au point de médicaments.

BioProspecting NB, Inc.

BioProspecting NB, Inc. (« BPNBI ») est une entreprise privée de développement de médicaments au premier stade, créée en 2005 par le professeur Jack Stewart et Paul Gunn à la suite de la découverte et du développement d'un peptide exclusif, la soricidine. La soricidine est au cœur du programme de gestion ciblée du cancer de BPNBI, qui est axé sur le rôle potentiel du canal calcique non voltage-dépendant TRPV6, dont la surexpression est associée à la prolifération tumorale dans plusieurs cancers. Grâce à des stratégies novatrices et ciblées utilisées en collaboration avec d'importants établissements de recherche sur le cancer de classe internationale, les peptides dérivés exclusifs (peptides C) de BPNBI ont démontré leur capacité à réduire la viabilité des cellules, à induire l'apoptose (in vitro) et à réduire le volume tumoral (in vivo) sans preuve de toxicité. La stratégie initiale consiste à qualifier un cancer de l’ovaire cible pour une désignation de médicament orphelin, tout en réalisant des activités de développement commercial dans le cadre d’indications connexes et non oncologiques pour la technologie liée à la soricidine.

Tumeurs du cerveau: La recherche de nouveaux traitements

La recherche médicale et scientifique a permis récemment de développer de nouveaux traitements appelés "traitements ciblé" ou "thérapies ciblées".

Le principe de ces traitements est de priver la tumeur des éléments dont elle a besoin pour se développer : oxygène, nutriments, vaisseaux sanguins…

En ciblant mieux la tumeur, ces médicaments pourraient améliorer l’efficacité des traitements des tumeurs du cerveau, et diminuer leur toxicité.

Ces traitements sont toujours en cours d’étude. Ils peuvent être proposés dans le cadre d'un essai clinique.

Qu’est-ce qu’un essai clinique ?

L’objectif des essais cliniques est d’étudier de nouveaux traitements ou de nouvelles associations de traitements. Les essais doivent montrer qu’il existe un avantage à recevoir le traitement étudié par rapport à ceux qui sont habituellement utilisés : meilleures chances de guérison, diminution des effets secondaires, amélioration de la qualité de vie.

Participer à un essai clinique est souvent source d’espoir pour les patients pour lesquels les traitements actuels ne sont pas assez efficaces ou mal tolérés.

Chaque essai clinique est spécifique. Les critères pour y participer sont donc précis. Être accepté ou non dans un essai n’est pas lié à la gravité de la tumeur. Cela signifie seulement que les caractéristiques de la tumeur ou l'état de santé général du patient correspondent ou ne correspondent pas au projet de recherche.

Participer à un essai clinique

Avant de participer à une étude, il est important de prendre conscience des risques et des bénéfices possibles. Un traitement peut être prometteur et s’avérer, à long terme, moins efficace que les autres ou présenter plus d’effets secondaires. Cependant, accepter de participer à un essai clinique ne diminue pas les chances de guérison du patient. S'il supporte mal le traitement étudié ou si son état de santé s’aggrave pendant l’essai, sa participation sera interrompue pour reprendre le traitement habituel.

Voici une liste non exhaustive de questions à poser au médecin avant de participer à un essai :

  • quelles sont les conditions pour participer à cet essai ?
  • quels sont les effets secondaires potentiels du nouveau traitement ?
  • y a-t-il des examens (prises de sang, examens d’imagerie ou autres) supplémentaires dans le cadre du nouveau traitement ?
  • quelle est la durée du traitement ? Combien de temps et à quel rythme se déroule le suivi ?
  • la participation à l’étude implique-t-elle des déplacements dans un autre centre de soins ? si oui, à quelle fréquence ?
  • est-il possible d'être accompagné par un proche au cours des traitements ?
  • qu'arrive-t-il si l'état du patient s'aggrave pendant l'essai ?


Si le patient accepte de participer à un essai clinique, le médecin chargé de l’étude lui fait signer un formulaire appelé consentement éclairé. En le signant, il reconnaît avoir été informé des modalités pratiques de l’étude et des risques éventuellement encourus.

Sa signature ne l'empêche pas de quitter l’étude à tout moment s'il le souhaite, sans avoir à le justifier.

Cancer du sein : de nouveaux traitements pour les formes les plus graves

Du fait de caractéristiques particulières, certains cancers du sein sont particulièrement difficiles à traiter. Mais face aux cancers dits "triple négatif" et aux cancers résultant d’une altération génétique, une nouvelle classe thérapeutique a donné des résultats extrêmement encourageants. Des données présentées aujourd’hui lors du 45 congrès de la société américaine d’oncologie clinique (ASCO).

Le casse-tête du cancer du sein triple négatif

http://images.doctissimo.fr/photo/3166853316/private-category/cancer-sein-1592065c4e.jpgLors du diagnostic du cancer du sein, les tumeurs sont analysées et classées en fonction de certaines caractéristiques qui vont guider la prise en charge. Onrecherche ainsi leur statut en estrogènes et en progestérone et unesurexpression du récepteur HER-2. En fonction des résultats, les médicaments utilisés vont cibler précisément ces récepteurs. C’est notamment le cas du tamoxifène qui cible les récepteurs des oestrogènes et du trastuzumab (Herceptin® ) qui cible les récepteurs HER-2.

Mais 15 % à 20 % de tous les cancers du sein n’expriment aucun de ces trois récepteurs, d’où l’expression de "cancer du sein triple négatif". Ils représentent 170000 cas de cancer du sein en 2008. Le cancer du sein triple négatif est un cancer très agressif, avec un taux de métastases plus élevé et un taux de survie plus défavorable que les autres sous-types de cancer du sein. Mais une voie prometteuse présentée dimanche pourrait changer la donne.

L’anti-PARP-1, une innovation béton !

Certaines enzymes PARP (poly -ADP-ribose- polymérase 1 et 2) sont impliquées dans la réparation des dommages de l’ADN. Ce mécanisme très sympathique pour les cellules saines, le devient beaucoup moins pour les cellules cancéreuses qui ont la mauvaise idée de se multiplier de manière anarchique. PARP devient alors un allié des tumeurs en réparant les dommages de l’ADN, y compris les dommages causés par la chimiothérapie.
Partant de ce constat, les chercheurs ont cherché à neutraliser PARP, espérant que ce blocage rendrait les tumeurs du sein plus sensibles aux chimiothérapies.

Un inhibiteur de PARP-1 appelé BSI-201 associé à une chimiothérapie a ainsi été administré à 120 femmes atteintes d’un cancer du sein triple négatif en phase métastatique (1). Bien que ne portant que sur 80 femmes, les résultats sont très encourageants : après 6 mois de traitement, les tumeurs ont régressé chez près de la moitié des femmes recevant BSI-201 et chimiothérapie contre seulement 16 % pour les autres. La tumeur n’a augmenté de taille qu’après 6,9 mois en moyenne chez les femmes traités par BSI-201 et chimiothérapie contre 3,3 mois chez les autres. De la même manière, la survie moyenne des patientes atteintes de ces cancers très sévères est passée de 5,7 à 9,2 mois.

"Le BSI-201 pourrait apporter une nouvelle option thérapeutique aux patientes atteintes de cette forme de cancer" a indiqué le Docteur Joyce O'Shaughnessy, co-directrice du Programme de recherche sur le cancer du sein du Baylor-Charles A. Sammons Cancer Center de Dallas au Texas. Sanofi-Aventis et BiPar Sciences, filiale américaine à 100 % du laboratoire français, entendent lancer cet été un essai clinique de phase III de BSI-201 dans le traitement du cancer du sein métastatique triple négatif.

Prometteur face aux cancers à prédisposition génétique

http://images.doctissimo.fr/photo/3166853316/asco2009/inhibition-tumeur-brca-1591945912.jpgAutre cancers du sein difficiles à traiter, les tumeurs dans lesquelles existe une altération des gènes BRCA1 ou BRCA2. Ces déficiences seraient responsables d'environ 5 % des cas de cancers du sein. Ces cancers sont souvent plus précoces (diagnostiqués à 43 ans en moyenne, contre 60 ans dans la population générale) et plus agressifs (avec notamment des risques de récidives importantes dans l’autre sein).

Selon des études précédentes, on pense que les gènes BRCA sont impliqués dans un mécanisme de réparation des altérations de portant sur les deux brins d’ADN. Lorsqu’ils sont altérés (altération de BRCA1 ou BRCA2), cela conduirait au développement des tumeurs. Mais des chercheurs ont fait l’hypothèse que si on pouvait empêcher les réparations des simples brins d’ADN, ces cellules cancéreuses mourraient, étant déjà incapables de réparer les dégâts sur les doubles brins (2). Or ce travail de réparation des simples brins est justement le travail de PARP-1 ! (Mécanisme que tente d’expliquer le schéma ci-contre pour une étude chez la souris) (3).

D’où l’idée d’utiliser un inhibiteur de PARP-1 pour bloquer la maladie. L'étude a porté sur 54 femmes atteintes d'un cancer avec mutation du gène BRCA1 ou BRCA2, résistant à plusieurs chimiothérapies. Ces femmes ont été traitées uniquement avec l’olaparib, un inhibiteur de PARP développé par le laboratoire AstraZeneca. Il apparaît alors que 41 % de celles ayant reçu les plus fortes doses d’olaparib ont vu leur tumeur régresser (4).


Bien que préliminaires et portant sur un nombre réduit de patientes, les résultats de ces études sont d’autant plus encourageants, qu’ils concernent des cancers du sein particulièrement difficiles à prendre en charge.

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