Cancer de la prostate : les nouveaux traitements, essais cliniques

Le cancer de la prostate fait l'objet de nombreuses recherches à l'IGR. La nature, la durée et la combinaison des traitements peuvent être optimisées.
Des études visent à évaluer différents schémas d'administration (modifications de durée ou de chronologie des traitements), ainsi que de nouveaux anticancéreux ayant des mécanismes d'action innovants, et des techniques d'irradiation permettant d'augmenter l'efficacité et de réduire la toxicité.

Conformément à la loi française, ces recherches sont effectuées dans le cadre d'études cliniques, qui peuvent vous être proposées par votre médecin. Votre participation est volontaire, non obligatoire. Une information complète vous sera délivrée et vous pourrez poser toutes les questions qui vous viendront à l'esprit. Si vous ne souhaitez pas participer à ces recherches, un traitement standard vous sera proposé.

Ces études comportent des critères d'inclusion qu'il faudra vérifier avant que vous puissiez y participer si vous le souhaitez. Cette évaluation sera faite par le médecin que vous verrez en consultation.

Pour prendre rendez-vous : urologie@igr.fr ; 01 42 11 62 64

Cancer de la prostate : des médicaments prometteurs dès maintenant disponibles à l’Institut Gustave Roussy


Plusieurs médicaments innovants sont dès maintenant disponibles dans le cadre d’études cliniques menées à l’Institut Gustave Roussy.
  • C’est le cas de l’abiraterone, un médicament d’hormonothérapie utilisé sous forme de comprimés et dont les résultats sont particulièrement encourageants, y compris chez des patients dont la tumeur progresse malgré l’hormonothérapie et la chimiothérapie. Il s’agit par ailleurs d’un médicament habituellement bien supporté. L’abiraterone a été utilisée avec succès en 2009 à l’Institut Gustave Roussy dans le cadre d’une étude pour les patients ayant déjà reçu une chimiothérapie par le docetaxel (Taxotere®). Une deuxième étude employant l’abiraterone vient de débuter en novembre 2009 et est destinée aux patients n’ayant pas reçu de chimiothérapie de recevoir.
  • Un autre médicament d’hormonothérapie particulièrement prometteur, le MDV 3100, est désormais disponible dans le cadre d’une large étude depuis décembre 2009 pour les patients ayant déjà reçu une chimiothérapie par le docetaxel (Taxotere®).
  • Parmi les traitements ciblés disponibles pour les patients atteints de cancer de la prostate, un traitement ciblant le récepteur de l’endothéline-1, le Zibotentan (ZD 4054), est également particulièrement prometteur. Ainsi le zibotentan s’est avéré très efficace dans une première étude portant sur plus de 300 patients atteints de métastases et en échec du traitement hormonal. Le zibotentan est actuellement disponible à l’Institut Gustave Roussy à la fois pour des patients ayant ou n’ayant pas d’atteinte osseuse de leur cancer de la prostate. Le traitement est administré sous forme de comprimés et est habituellement bien toléré.
  • Des traitements ciblés cherchant à empêcher la fabrication de vaisseaux sanguins par la tumeur (« anti-angiogéniques ») sont également disponibles dans le cadre d’études cliniques à l’Institut Gustave Roussy chez des patients recevant une chimiothérapie (le médicament est le VEGF-Trap) ou n’en recevant pas (le médicament s’appelle Zactima).
  • Enfin, un médicament permettant de stimuler l’immunité anti-tumorale, l’ipilimumab, est disponible en association à la radiothérapie dirigée sur les métastases osseuses chez les patients ayant déjà reçu une chimiothérapie par docetaxel.
Pour évaluer si l’un ou l’autre de ces médicaments est approprié à la situation, l’équipe d’oncologie médicale du cancer de la prostate est prête à accueillir rapidement les patients en consultation.

Les essais thérapeutiques du cancer de la prostate en cours et à venir

Cancer de la prostate localisé

  • Étude comparant la radiothérapie post-opératoire immédiate associée à une hormonothérapie courte au même traitement utilisé seulement en cas de rechute, chez les patients opérés d'un cancer de la prostate (étude GETUG 17)
  • Étude évaluant l’intérêt d’une hormonothérapie courte chez des patients opérés d’un cancer de la prostate et relevant d’une radiothérapie post-opératoire (étude européenne de l’EORTC)

Cancer de la prostate en rechute biochimique isolée (augmentation du taux de PSA après prostatectomie)

  • Étude évaluant l’intérêt d’une hormonothérapie courte chez les patients en rechute biochimique (= réascension du taux de PSA) après prostatectomie et relevant d’une radiothérapie de rattrapage (étude GETUG 16)

Cancer de la prostate résistant au traitement hormonal sans métastases osseuses

  • Etude comparative évaluant un « inhibiteur de l'endothéline 1 », le Zibotentan (ZD4054), médicament utilisé sous forme de comprimés (étude Enthuse 15)

Cancer de la prostate métastatique résistant au traitement hormonal (patient n’ayant pas reçu de chimiothérapie)

  • Etude comparative évaluant une nouvelle hormonothérapie, l’Abiraterone, médicament utilisé sous forme de comprimés (étude COU 302)

Cancer de la prostate métastatique résistant au traitement hormonal : patient nécessitant une chimiothérapie)

  • Etude comparant une chimiothérapie par Docetaxel (Taxotere), avec ou sans un inhibiteur de la formation des vaisseaux (anti-angiogénique), le VEGF-Trap (étude VENICE)
  • Etude comparant une chimiothérapie par Docetaxel (Taxotere) avec ou sans un « inhibiteur de l'endothéline-1 », le Zibotentan (ZD4054) (étude Enthuse 33)

Cancer de la prostate métastatique résistant au traitement hormonal : patient ayant déjà reçu une chimiothérapie

  • Etude comparative évaluant une nouvelle hormonothérapie, le MDV 3100, utilisé sous forme de comprimés
  • Etude comparative évaluant un traitement cherchant à stimuler les défenses immunitaires contre les métastases, l’ipilimumab, en association avec la radiothérapie

Elaboration d'un nouveau traitement du cancer de la prostate : Les grandes avancées de la recherche


Importante avancée dans l'élaboration d'un nouveau traitement pour le cancer de la prostate. Il y a quelques mois, des chercheurs spécialisés dans l'identification de nouvelles cibles thérapeutiques pour le cancer de la prostate annonçaient le succès en phase clinique I et II de deux molécules inhibitrices: OGX-011 et OGX-427. Depuis la fin de l'année 2010,
Elaboration d'un nouveau traitement du cancer de la prostate : Les grandes avancées de la recherche
les recherches se poursuivent en phase clinique III. Une Marocaine, Amina Zoubeidi en fait partie. La scientifique est à la tête d'une équipe du Prostate center de Vancouver. Elle fait également partie de l'équipe de chercheurs ayant identifié les nouvelles cibles thérapeutiques actuellement en phase clinique III. « En 2010, le Dr Amina Zoubeidi s'est vu remettre deux prix prestigieux, le « Prostate Cancer Foundation Award, USA » et « The Terry Fox Award, (Canada) » pour être une grande chercheuse à l'avenir très prometteur.
La molécule OGX-011 (curtisen) permet de resensibilier le cancer au traitement en freinant la production d'une protéine appelée clustérine. Dans un essai de phase II, 81 patients atteints d'un CPRC (cancer de la prostate métastatique résistant à la castration) et qui n'avaient jamais fait de chimio ont reçu soit le duo docétaxel (substance active anticancéreuse efficace dans de nombreuses tumeurs)-custirsen, soit le docétaxel seul. La formule duo a prolongé la survie moyenne de sept mois et retranché environ 40 % du taux de décès.
L'OGX-427 quant à lui, est un agent conçu pour abaisser les niveaux de Hsp27 (protéine du même ordre que la clustérine). Là encore, les résultats préliminaires s'annoncent bons. Rappelons que la prostate est une glande volumineuse à sécrétion interne et externe appartenant à l'appareil génital masculin, située sous la vessie, entre les voies génitales et urinaires. La prostate est le siège de trois affections principales : le cancer de la prostate, l'adénome de la prostate et l'infection de la prostate dite prostatite. Le cancer de la prostate est, comme tous les cancers glandulaires, un « adénocarcinome » et, dans la majorité des cas, il est influencé par les hormones.
Véritable fléau, le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers de l'homme de plus de 50 ans et représente, après le cancer du poumon, la deuxième cause de décès par cancer chez l'homme dans les milieux développés. Son incidence augmente avec l'âge et touche en moyenne les hommes aux alentours de 70 ans bien que certains hommes soient atteints à un âge plus précoce. Ces 20 dernières années, la mortalité liée au cancer prostatique a augmenté de 23%.
Outre l'âge, les principaux facteurs de risques du cancer de la prostate sont l'hérédité (le risque de développer la maladie est 2 à 5 fois plus élevé chez un homme ayant des antécédents familiaux), les antécédents de vasectomie, les régimes alimentaires riches en graisses ou encore la masse corporelle et le taux d'hormones sexuelles.
Le cancer de la prostate se développe à partir de cellules de la prostate, il se développe très lentement et peut s'étendre en dehors de la prostate par envahissement direct des tissus et des organes proches de celle-ci (os, ganglions).
Il existe plusieurs stades qui indiquent le degré d'extension du cancer; le système TNM permet de décrire l'extension de la maladie avec T pour «tumeur primitive», N pour absence ou présence de métastases ganglionnaires et M pour absence ou présence de métastases à distance.
La meilleure façon de guérir ce cancer est de le détecter à un stade précoce, quand il est encore localisé à la prostate, sans extension en dehors d'elle.
Pour le détecter dans les meilleurs délais, il est important de ne pas négliger certains symptômes comme l'envie d'uriner trop fréquente, notamment la nuit, un véritable blocage des urines et des douleurs osseuses. Ces symptômes doivent automatiquement entraîner une consultation qui permettra de détecter, ou non, la maladie. Pour ce faire, le médecin pourra utiliser plusieurs méthodes, de la simple interrogation du patient aux échographies et scanners, en passant par la palpation de la glande par l'anus et des tests sanguins vérifiant le bon fonctionnement rénal.
Outre le potentiel traitement encore en phase expérimentale que l'on évoquait plus haut, le cancer de la prostate compte déjà plusieurs traitements relatifs aux différents stades de la maladie et à sa résistance. Parmi eux, la prostatectomie totale qui consiste à retirer toute la prostate et les glandes suspendues à celle-ci, une opération utile à condition que le cancer ne se soit pas propagé en dehors de la prostate. La radiothérapie, la chimiothérapie ou les traitements hormonaux sont également des traitements courants. Dans certains cas, les médecins préconisent une surveillance des patients ou le traitement de la douleur. A l'heure actuelle, divers traitements expérimentaux comme la cryochirurgie doivent encore démontrer leur efficacité.
Qui dit traitements dit forcément effets secondaires. Comme dans toutes maladies, c'est souvent l'étape la plus redoutée par les patients. En ce qui concerne le cancer de la prostate, les effets secondaires sont assez fréquents et dépendent du stade de la maladie. Les malades peuvent souffrir d'incontinence urinaire, de difficultés respiratoires, de troubles visuels et intestinaux, d'une fragilisation osseuse ou encore d'impuissance. Le combat contre cette maladie peut sembler lourd et contraignant, mais il peut conduire à la guérison et permettre aux malades de retrouver la santé, et cela n'a pas de prix.

Cancers évolués en 2011 des avancées majeures

Par Sabine de la Brosse - Paris Match

Paris Match. Quels cancers avancés sont concernés par les dernières publications du “New England Journal of Medicine” sur les nouveaux traitements personnalisés ?
Pr Jean-Charles Soria. A ce stade métastasé où d’autres organes ont été atteints, trois en bénéficieront : le mélanome, le cancer de la prostate
et une forme particulière du cancer du pancréas.

Jusqu’à présent comment prend-on en charge ces formes évoluées ?
Les mélanomes sont traités par chimiothérapie (par exemple, le cisplatine...). Pour les cancers de la prostate, on prescrit la prise d’antihormonaux et, en cas de résistance au traitement, on administre une chimiothérapie (notamment avec du Taxotere). Les tumeurs pancréatiques neuroendocrines sont également traitées par chimiothérapie.

Dans ce combat contre la maladie, quels effets secondaires les patients doivent-ils supporter ?
Ces chimiothérapies, qui attaquent non seulement les cellules cancéreuses mais aussi les saines, entraînent une fati­gue, une baisse des globules blancs... et très souvent une perte de cheveux ainsi qu’une altération des cils et des ongles. Les produits antihormonaux, moins toxiques, induisent cependant une perte de la libido.

Quels sont ces nouveaux traitements qui arrivent sur le marché en 2011 ?
Des thérapies personnalisées viennent bouleverser le pronostic de ces formes de cancer évolué ! Il ne s’agit plus de science-fiction, mais de réelles avancées thérapeutiques. Ces nouveaux protocoles appartiennent à un groupe de médicaments, dits ciblés, car leurs molécules s’attaquent spécifiquement à des anomalies propres aux cellules cancéreuses. Dans le cas du mélanome, il existe deux nouveaux traitements. En ce qui concerne le premier, une molécule (PLX4032) va viser spécifiquement un gène particulier qui, par sa transformation, est responsable de la prolifération anarchique des cellules malignes. Résultat : la mutation du gène est bloquée et la maladie semble régresser.

Et quel est le mécanisme d’action du deuxième nouveau traitement ?
Il est destiné cette fois à stimuler le système immunitaire pour combattre les cellules cancéreuses. Il va également être commercialisé cette année. Il s’agit de la molécule ipilimumab qui, lors d’un essai international conduit sur 676 patients, a révélé une efficacité jusque-là jamais atteinte !

En ce qui concerne cette fois les cancers de la prostate, quelle est l’avancée thérapeutique ?
Il s’agit d’un nouveau produit antihormonal : l’abiraterone dont le but est de lever la résistance qui apparaît fréquemment avec les classiques anti-
hormonaux. Une très vaste étude, conduite par le Pr Fizazi de notre Institut Gustave-Roussy, a permis d’observer une amélioration spectaculaire des métastases osseuses et de leurs douleurs.

De quels progrès bénéficieront les malades atteints de la forme neuroendocrine de cancer du pancréas ?
Deux molécules vont transformer leur pronostic ; la première, le sunitinib, asphyxie la tumeur en détruisant ses vaisseaux nourrissiers. La deuxième molécule (évérolimus) coupe le signal de prolifération des cellules malignes en agissant sur une protéine spécifique.

Quels sont les effets secondaires de ces nouveaux traitements ?
Ils sont généralement beaucoup moins lourds que ceux des thérapies conventionnelles car ils permettent une bien meilleure qualité de vie.

Et pour 2012 où se situeront les plus grands progrès ?
Pour les cancers avancés du poumon, porteurs d’un gène spécifique, un nouveau traitement oral (avec le crizotinib) permettra la disparition rapide des métastases. Et pour une forme particulière du cancer du sein, trois nouvelles molécules sont fortement attendues.
* Chercheur à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif.

2011 Des progrès considérables du plan anti cancer et des traitements

Les progrès du 1 er plan anti cancer


Le plan anti cancer mis sur pied en mars 2003 pour une durée de 4 ans avait pour objectif de garantir un accès aux soins de bonne qualité pour tous quelque soit la zone géographique où l'on séjourne.
La plupart des 70 mesures de ce plan, réparties en 6 chapitres (prévenir, dépister, soigner, accompagner, comprendre et découvrir) pour ce plan ont été suivi d'effets.
Même si des inégalités dans ce domaine persistent encore ( par exemple sur les inégalités en matière de traitement), ce plan a permit de grandes avancées dans la prise en charge du cancer en France
  • Le dépistage organisé du cancer du sein tous les 2 ans chez les femmes âgées de 50 à 74 ans
  • La sensibilisation au dépistage du cancer du col de l'utérus et du côlon
  • Les campagnes d'informations sur le mélanome.
  • L'interdiction du tabac dans les lieux publics depuis le 1 er février 2007
  • La mise en place d'une convention entre assurances, fédérations bancaires, pouvoirs publics et associations de patients (convention aeras : www.aeras-infos.fr permettant aux malades d'emprunter sont une grande aide pour les patients.
  • Le dispositif d'annonce de la maladie aux patients s'est amélioré.
  • La mise en oeuvre de solutions pour améliorer le maintient à domicile et le retour à l'emploie, faciliter la présence des parents autour de leur enfant malade.
  • Permettre aux patients de disposer de toutes les informations sur sa maladie
  • Renforcer et humaniser la relation médecin malade, fondamentale pour permettre une adhésion maximale à ces traitements lourds
  • Une meilleure coordination entre les structures hospitalières et libérales.
  • Le respect des règles de bonne pratique.
  • Les avancées de la recherche avec l'élaboration de nouveaux traitements
  • La lutte contre le tabac, l'alcool et une mauvaise alimentation, et la pollution environnementale doivent être poursuivis afin de limiter ces agressions contre l'organisme, facteurs favorisants l'apparition de certains cancers.

Les points faibles du plan anti cancer :


  • La nécessité urgente de mieux évaluer les cancers liés à l'environnement et aux métiers.
  • L'insuffisance des mesures destinées à faire baisser la consommation de l'alcool, plus particulièrement chez les jeunes
  • Le retard du dépistage du cancer du côlon
  • L'urgence d'une égalité d'accès à des soins identiques et de même qualité pour tous, objectif numéro 1 du plan anti cancer.

Les progrès des traitements et de la recherche

  • Un adulte sur deux guérit du cancer et 70% environ des enfants guérissent du cancer.
  • Plus de 60% des malades sont en rémission au bout de 5 ans ( tout dépend du type de cancer, du traitement, du stade de la maladie à partir duquel le traitement a débuté.)
  • Guérison de plus de 95% pour le cancer du testicule ...
  • Les taux de guérison ont augmenté pour les cancers du sein, les leucémies et les lymphomes.

Les dernières avancées dans les traitements du cancer



30 000 médecins et chercheurs du monde entier se sont réunis en Juin 2007 à Chicago et ont mit en avant les grandes avancées de la recherche dans les traitements du cancer.
  • Les médicaments , beaucoup plus nombreux aujourd'hui, ont permit d'améliorer la survie des malades.
  • Plus de 600 traitements anticancéreux de nouvelle génération sont en développement dans les laboratoires pharmaceutiques.
    • Des thérapies permettant de cibler les mécanismes clés du cancer.
    • Des médicaments contre le cancer du poumon ou des reins, permettent désormais de prolonger la vie des malades
    • Des cancers réputés incurables reculent et la survie des patients augmente.
    • Les nouvelles générations de médicaments mis au point ou encore à l'étude agissent sur la participation des cellules normales à la croissance des cancers.
    • La thérapie génique encore expérimentale: les traitements risquent d'être bouleversés lorsqu' il sera possible d'agir sur les gênes responsables et supprimer la programmation de ces cellules à se reproduire sans fin.

Cancer du sein : vers un traitement des tumeurs « triple négatives » ?

Une forme très agressive du cancer du sein, appelé « triple négatif », résiste à tous les traitements connus. Mais un produit actif, original dans son principe d'action, ouvre de nouveaux espoirs.

Un essai clinique présenté à Orlando (Floride) au 45ème Congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) prouve l’intérêt thérapeutique de l’agent anti-cancéreux BSI-201. Son principe actif est révolutionnaire : il tacle le point fort des cellules cancéreuses à savoir leur capacité à se réparer.

Le cancer du sein est le plus fréquent des cancers chez la femme avec 41.000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France et plus de 11.000 décès. Heureusement, l’arrivée des thérapies ciblées a permis d’améliorer le pronostic de manière considérable. Mais certaines formes de cancer demeurent très difficiles à traiter.

Pas de guérison mais une piste à explorer

C’est le cas du cancer du sein triple négatif qui ne répond pas aux traitements. Et pour cause, il ne présente aucun des trois récepteurs (d’où son nom) ciblés par les médicaments disponibles. Pour contourner l’obstacle, une équipe américaine tente une nouvelle piste : désarmer ces cellules rebelles pour les rendre sensibles à la chimiothérapie. Comment ? En inhibant, à l’aide d’un nouvel outil (le BSI-201), une enzyme appelée PARP (poly(ADP-ribose) polymérase). Cette enzyme est produite quand l'ADN a subi des dommages et sert à sa réparation. Et cela marche !

Quatre-vingt femmes atteintes d’un cancer triple négatif en phase métastasique ont été incluses dans un essai clinique randomisé de phase II. Toutes se sont vues administrer l’inhibiteur d’enzyme BSI-201 associé à une chimiothérapie classique. Résultat, près d’une patiente sur deux a vu sa tumeur régresser après 6 mois de traitement. Mieux, la survie des malades a atteint 9,2 mois contre seulement 5,7 mois dans le groupe contrôle traité par simple chimiothérapie. Ce n’est certes pas encore la guérison mais la piste semble particulièrement prometteuse.

Traitements possibles pour cancer du sein

Le cancer du sein le plus fréquent est un carcinome, c’est-à-dire un cancer né des tissus glandulaires.

Après examen de la tumeur, le pathologiste est capable de déterminer le type de cancer et surtout s'il est invasif c'est-à-dire s'il a dépassé les canaux galactophoriques.

Généralement, d’autres tests permettent au médecin d'affiner son diagnostic. Ce sont :

  • les tests récepteurs d'oestrogènes et de progestérone (tests hormonaux) : ces tests indiquent si le cancer a besoin d'hormones pour progresser. Dans l'hypothèse positive, il est probable qu'une hormonothérapie puisse être un traitement efficace, car elle prive les cellules cancéreuses des oestrogènes indispensables à leur croissance,
  • les radiographies,
  • les tests de laboratoires,
  • un examen des os, du foie ou des poumons car le cancer du sein peut éventuellement se propager dans ces régions du corps.


Avant de commencer tout traitement, il est indispensable de s'assurer que la prise en charge médicale est multidisciplinaire, faisant intervenir non seulement le chirurgien mais aussi l'oncologue médical, le radiothérapeute, le radiologue.

Les patientes disposent de toute façon d'environ 3 et 4 semaines entre le résultat de la biopsie et le début du traitement choisi.

Les traitements possibles
Les traitements sont soit locaux soit systémiques, soit les deux combinés :

  • les traitements locaux sont utilisés pour enlever ou détruire le cancer du sein dans une zone spécifique ; ce sont la chirurgie et la radiothérapie,
  • les traitements systémiques ont pour but de contrôler et détruire le cancer dans l'ensemble du corps ; il s'agit de la chimiothérapie, de hormonothérapie ou de l'immunothérapie. Ils sont donc utilisés soit pour diminuer une tumeur avant un traitement local, soit pour éviter une rechute, soit enfin pour traiter un cancer métastatique.


La chirurgie

La chirurgie est le traitement le plus utilisé pour soigner le cancer du sein. Il existe plusieurs interventions possibles :

  • la tumorectomie qui conserve le sein (elle retire juste la zone de la tumeur),
  • la mastectomie qui enlève tout le sein,
  • la mastectomie partielle,
  • l'extraction des ganglions situés sous les aisselles ou le curage ganglionnaire : ces interventions permettent de déterminer si les cellules cancéreuses ont pénétré le système lymphatique.


La radiothérapie

La radiothérapie utilise des rayons pour détruire les cellules cancéreuses. Un générateur oriente les rayons directement vers le sein. Il s'agit d'une radiothérapie externe.

Plus rarement, on place dans le sein des matières radioactives situées dans des tubes en plastique ; on parle alors de radiothérapie implantatoire ou de curiethérapie.

La radiothérapie intervient en complément de la chimiothérapie et de l'acte chirurgical, en particulier après une tumorectomie ou une mastectomie partielle. Les rayons ont pour but de détruire les cellules cancéreuses qui ont pu rester dans la zone traitée et diminuent le risque de récidive locale.


La chimiothérapie

La chimiothérapie utilise dans le traitement du cancer du sein des médicaments combinés (poly-chimiothérapie). Ces médicaments sont administrés par perfusion après la pose d'un site implantable. Ces médicaments entrent dans le système sanguin pour agir sur l'ensemble du corps. Ils ont pour rôle de prévenir l'apparition de métastases.


L'hormonothérapie

Ce traitement a pour but de priver les cellules cancéreuses des hormones sexuelles dont elles ont besoin pour se développer. Il s'agit le plus souvent de médicaments utilisés par voie orale. Les médicaments ont pour objectif de bloquer la formation d'hormones sexuelles naturellement secrétées par les ovaires. Parfois, une ablation des ovaires est préconisée ou on propose une "astration médicamenteuse" aux femmes non ménopausées .


L'immunothérapie

Certains médicaments sont aussi utilisés pour renforcer le système de défense de l'organisme contre le cancer du sein et pour ralentir la prolifération cancéreuse.

Il s'agit actuellement d'une voie de recherche.

Les différents stades de la maladie
Une femme victime d'un cancer du sein doit impérativement formuler toutes les questions qu'elle se pose à son médecin. Elle doit prendre une part active au processus de décision pour connaître ses alternatives de traitement.

Cependant, la décision thérapeutique dépend pour une large part de certains facteurs :

  • l'âge,
  • si la femme est ménopausée,
  • l'état de santé général,
  • la taille et la localisation de la tumeur,
  • le stade de la maladie,
  • les résultats des tests de laboratoire.

Les facteurs déterminants pour déterminer le choix du traitement le plus approprié sont :

  • le stade de la maladie qui tient compte de la taille de la tumeur, de l’atteinte ou non des ganglions et de l’éventuelle présence de métastases,
  • le degré de différenciation de la tumeur,
  • les récepteurs hormonaux,
  • l’âge.

On peut distinguer plusieurs stades de la maladie dont les options thérapeutiques sont différentes :

- le carcinome non invasif,

- le carcinome invasif de moins de 1 cm de grade 1,

- le carcinome invasif de plus de 1 cm ou de grade 2 ou 3,

- le cancer avec extension ganglionnaire,

- le cancer inflammatoire,

- le cancer métastatique.

L'option de participer à un essai thérapeutique doit toujours être considérée quel que soit le stade de la maladie, car il s'agit le plus souvent de bénéficier de nouveaux traitements.

Nouveau traitement pour combattre le cancer du sein

A l'occasion d'une conférence internationale sur le cancer du sein qui s'est déroulé à San Antonio au Texas le 10 décembre, plusieurs études présentées tendent à démontrer l'efficacité des inhibiteurs de l'aromatase, comme l'Anastrozole (Arimidex) ou le Létrozole (Femara), sur les cancers précoces avec ou sans atteinte des ganglions.

A l'occasion d'une conférence internationale sur le cancer du sein qui s'est déroulé à San Antonio au Texas le 10 décembre, plusieurs études présentées tendent à démontrer l'efficacité des inhibiteurs de l'aromatase, comme l'Anastrozole (Arimidex) ou le Létrozole (Femara), sur les cancers précoces avec ou sans atteinte des ganglions.
La première de ces études a été réalisée auprès de plus de 9.000 patientes dont un tiers recevait du tamoxifène, le médicament le plus utilisé depuis vingt ans pour combattre le cancer du sein, un autre tiers de l'anastrozole et le dernier tiers une combinaison des deux molécules.
Les premiers résultats de cette étude qui doit s'étendre sur cinq ans montrent un taux de survie sans récidive du cancer après 34 mois de 2% supérieur pour le groupe traité avec l'Anastrozole.
"Ce qui signifie que 200 femmes de plus ont survécu dans ce groupe comparativement au groupe traité avec le médicament classique" a expliqué le Dr Pierre Dubé, chirurgien oncologue à l'hôpital Maisonneuve Rosemont de Montréal.
De plus l'anastrozole n'augmenterait pas le risque de cancer de l'endomètre ni de caillots sanguins contrairement au Tamoxifène.
Une autre étude comparative mais cette fois entre le tamoxifène et le létrozole a confirmé que cet autre inhibiteur de l'aromatase comportait lui aussi des avantages certains dans le traitement du cancer du sein à un stade avancé.
Après cinq ans, les femmes traitées avec le létrozole étaient deux fois plus nombreuses à avoir survécue.
"Ces données sont suffisantes pour utiliser le Femara préférentiellement au tamoxifène" a fait valoir le Dr Denis Soulières, oncologue médical au centre hospitalier de l'Université de Montréal.
Toutefois des précautions restent à prendre quant à l'utilisation de ces molécules pour le traitement des cancers de stade I et II, considérés comme précoces ou localisés, car les effets à long terme de ces médicaments ne sont pas encore connus alors que ceux du taxomifène le sont depuis plus de vingt ans.
Reste que les inhibiteurs de l'aromatase ont démontré leur supériorité dans le traitement des cancers avancés.

Cancer du sein : de nouveaux traitements pour les formes les plus graves

Du fait de caractéristiques particulières, certains cancers du sein sont particulièrement difficiles à traiter. Mais face aux cancers dits "triple négatif" et aux cancers résultant d’une altération génétique, une nouvelle classe thérapeutique a donné des résultats extrêmement encourageants. Des données présentées aujourd’hui lors du 45 congrès de la société américaine d’oncologie clinique (ASCO).

Le casse-tête du cancer du sein triple négatif

http://images.doctissimo.fr/photo/3166853316/private-category/cancer-sein-1592065c4e.jpgLors du diagnostic du cancer du sein, les tumeurs sont analysées et classées en fonction de certaines caractéristiques qui vont guider la prise en charge. Onrecherche ainsi leur statut en estrogènes et en progestérone et unesurexpression du récepteur HER-2. En fonction des résultats, les médicaments utilisés vont cibler précisément ces récepteurs. C’est notamment le cas du tamoxifène qui cible les récepteurs des oestrogènes et du trastuzumab (Herceptin® ) qui cible les récepteurs HER-2.

Mais 15 % à 20 % de tous les cancers du sein n’expriment aucun de ces trois récepteurs, d’où l’expression de "cancer du sein triple négatif". Ils représentent 170000 cas de cancer du sein en 2008. Le cancer du sein triple négatif est un cancer très agressif, avec un taux de métastases plus élevé et un taux de survie plus défavorable que les autres sous-types de cancer du sein. Mais une voie prometteuse présentée dimanche pourrait changer la donne.

L’anti-PARP-1, une innovation béton !

Certaines enzymes PARP (poly -ADP-ribose- polymérase 1 et 2) sont impliquées dans la réparation des dommages de l’ADN. Ce mécanisme très sympathique pour les cellules saines, le devient beaucoup moins pour les cellules cancéreuses qui ont la mauvaise idée de se multiplier de manière anarchique. PARP devient alors un allié des tumeurs en réparant les dommages de l’ADN, y compris les dommages causés par la chimiothérapie.
Partant de ce constat, les chercheurs ont cherché à neutraliser PARP, espérant que ce blocage rendrait les tumeurs du sein plus sensibles aux chimiothérapies.

Un inhibiteur de PARP-1 appelé BSI-201 associé à une chimiothérapie a ainsi été administré à 120 femmes atteintes d’un cancer du sein triple négatif en phase métastatique (1). Bien que ne portant que sur 80 femmes, les résultats sont très encourageants : après 6 mois de traitement, les tumeurs ont régressé chez près de la moitié des femmes recevant BSI-201 et chimiothérapie contre seulement 16 % pour les autres. La tumeur n’a augmenté de taille qu’après 6,9 mois en moyenne chez les femmes traités par BSI-201 et chimiothérapie contre 3,3 mois chez les autres. De la même manière, la survie moyenne des patientes atteintes de ces cancers très sévères est passée de 5,7 à 9,2 mois.

"Le BSI-201 pourrait apporter une nouvelle option thérapeutique aux patientes atteintes de cette forme de cancer" a indiqué le Docteur Joyce O'Shaughnessy, co-directrice du Programme de recherche sur le cancer du sein du Baylor-Charles A. Sammons Cancer Center de Dallas au Texas. Sanofi-Aventis et BiPar Sciences, filiale américaine à 100 % du laboratoire français, entendent lancer cet été un essai clinique de phase III de BSI-201 dans le traitement du cancer du sein métastatique triple négatif.

Prometteur face aux cancers à prédisposition génétique

http://images.doctissimo.fr/photo/3166853316/asco2009/inhibition-tumeur-brca-1591945912.jpgAutre cancers du sein difficiles à traiter, les tumeurs dans lesquelles existe une altération des gènes BRCA1 ou BRCA2. Ces déficiences seraient responsables d'environ 5 % des cas de cancers du sein. Ces cancers sont souvent plus précoces (diagnostiqués à 43 ans en moyenne, contre 60 ans dans la population générale) et plus agressifs (avec notamment des risques de récidives importantes dans l’autre sein).

Selon des études précédentes, on pense que les gènes BRCA sont impliqués dans un mécanisme de réparation des altérations de portant sur les deux brins d’ADN. Lorsqu’ils sont altérés (altération de BRCA1 ou BRCA2), cela conduirait au développement des tumeurs. Mais des chercheurs ont fait l’hypothèse que si on pouvait empêcher les réparations des simples brins d’ADN, ces cellules cancéreuses mourraient, étant déjà incapables de réparer les dégâts sur les doubles brins (2). Or ce travail de réparation des simples brins est justement le travail de PARP-1 ! (Mécanisme que tente d’expliquer le schéma ci-contre pour une étude chez la souris) (3).

D’où l’idée d’utiliser un inhibiteur de PARP-1 pour bloquer la maladie. L'étude a porté sur 54 femmes atteintes d'un cancer avec mutation du gène BRCA1 ou BRCA2, résistant à plusieurs chimiothérapies. Ces femmes ont été traitées uniquement avec l’olaparib, un inhibiteur de PARP développé par le laboratoire AstraZeneca. Il apparaît alors que 41 % de celles ayant reçu les plus fortes doses d’olaparib ont vu leur tumeur régresser (4).


Bien que préliminaires et portant sur un nombre réduit de patientes, les résultats de ces études sont d’autant plus encourageants, qu’ils concernent des cancers du sein particulièrement difficiles à prendre en charge.

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